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The goods

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Al Basile est compositeur, poète, chanteur et musicien. Il a décidé de quitter le big band Roomful of Blues pour embrasser une carrière solo. Et manifestement, son parcours individuel a déjà été couronné de succès. « The goods » constitue d’ailleurs son huitième opus personnel, discographie entamée en 1998 par "Down on Providence Plantation". Il y a plus de 40 ans qu’il est un ami de Duke Robillard. Les deux artistes sont même fort proches. Pas étonnant que Robillard soit préposé à la mise en forme de cet elpee et que son band ait participé aux sessions d’enregistrement. Un concours que pas mal de musiciens aimeraient bénéficier.

A l’issue de ses études universitaires, Al était bardé de diplômes. Il aime jouer avec les mots, les mettre en partition. Il est conteur. Poète aussi. Et lorsqu’il mêle rimes et blues, il obtient ce qu’il appelle lui-même de la poésie en douze mesures.

"The Price (I got to pay)" est une plage bien rythmée qui libère un maximum de groove. Il se réserve la première escapade sur son instrument, une espèce de trompette trapue dont il est l'un des protagonistes les plus doués. Un coup d’accélérateur au tempo et il attaque "Along come the kid", une compo inspirée d’une chanson de Jimi Hendrix qu'il avait entendue la première fois, en 1971. Pour la circonstance, c’est Duke Robillard qui tire son épingle du jeu, un musicien capable de se débrouiller au sein d’une multitude de styles. Al est vraiment excellent aux vocaux lors des ballades mélodiques. Il y étale même toute sa classe. Et il devient même impressionnant, lorsqu’il est soutenu par des chœurs. Comme lorsqu’il est épaulé par les Blind Boys off Alabama. A l’instar de "Lie down in darkness (Raise up the light)", une chanson saturée de mélancolie ; mais aussi un des sommets de cette œuvre. Une compo au cours de laquelle ce feeling empreint de désespoir lui permet de dispenser un excellent phrasé sur son cornet. Al a écrit "843 million" à la manière d’une B.O. pour thriller. Parcouru de bruitages (crissements de pneus de voitures, sirènes de police hurlantes, détonations d’armes à feu), le morceau adopte un format R&B bien funky. Le cornet, l'orgue Hammond de Bruce Bears et la basse de Brad Hellen en profitant pour tisser des arabesques. Al Basile, c'est avant tout une voix. Elle est naturellement puissante, claire et véhicule énormément d’émotion. Et est taillée sur mesure pour chanter une ballade soul. Un peu comme celle d’Otis Redding, au cours des sixties, lorsqu’il relevait du label Stax. Et "Time can wait" en est la plus belle illustration. "I want to put it there" puise ses sources dans les rythmes de la Nouvelle Orléans. Mark Teixeira imprime le tempo. Bruce est passé au piano. Il se réincarne au sein des meilleurs joueurs locaux comme Allen Toussaint ou James Booker. Emporté par l’ivresse de l’instant, Al souffle dans son cornet. Long blues lent, "Mr Graham Bell" décrit les relations amour/haine vécues entre l'artiste et son téléphone. Il s'en prend alors à son inventeur. Caractérisé par l’excellent exercice vocal, ce blues laisse transparaître des accents jazz. A cause des interventions de Bears aux ivoires. Trempé dans le Memphis R&B, "She's a taker" divertit par son regard positif sur les relations entre homme et femme. "Reality show" adopte un même style. L’orgue de Bears s’y infiltre à la manière d’un Booker T Jones. Arrangés par Doug James, les cuivres sont bien présents. "Pealing bells" baigne dans le gospel. Remarquable, cet exercice vocal est exécuté face aux cordes réverbérées du Duke. Basile retourne une dernière fois à New Orleans pour accueillir le Père Noël, lors d’un "Don't sleep on Santa" impliquant Doug au piccolo ainsi qu’Al au cornet et au guiro. De toute bonne facture, cet opus s’achève par une dernière ballade soul, intitulée "Distant ships".

Informations supplémentaires

  • Band Name: Al Basile
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Sweetop
  • Date: 2011-03-15
  • Rating: 4
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