A l'heure d'une rétro-tendance érigeant Human League/Depeche Mode et Television/Clash en curieux emblèmes d'une jeunesse en dérive, à l'heure où Indochine/Libertines cartonnent au Top of The Pops, à l'heure où le rock se ressource du côté des machines/du blues, il n'est pas une journée qui ne s'achève sans qu'un nouveau groupe soit proclamé ‘the next big thing’, en direct de Detroit, New York, Oslo, Liverpool ou… Bruxelles.
Les gars de Nietzsche, et c'est là leur atout, refusent pourtant de jouer à pile ou face : ici, les machines côtoient les guitares, le rock l'électro. S'ils avouent leurs penchants pour les boîtes à rythme (pas de batteur) et les voix passées au vocodeur, la structure couplet/refrain, le français dans le texte et leur nom d'emprunt (tous s'appellent Nietszche, comme les Ramones ou, plus récemment, les Datsuns) prouvent encore leur attachement au pop-rock à l'ancienne… Bref, chez les Nietzsche, la philosophie consiste à ne jamais trancher, et c'est tant mieux : en 2003, c'est dans les fonds de casseroles mélangés qu'on fait les meilleures soupes (du punk-funk à l'elektroklash). De " La question ", tube potentiel à la Daisybox, à ce " Régler le chauffage " presque drum'n'bass, " Dieu est mort… " s'écoute avec plaisir, même si ses charmes se dévoilent à la longue dans des teintes plus monochromes (l'humour, noir, la peur, bleue, la matière, grise). En conjuguant la torpeur de Joy Division, l'efficacité d'Indochine et l'ironie de Dominique A (la reprise du " Courage des Oiseaux "), Nietzsche réussit donc à nous surprendre. Pas mal pour un début.

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