Drivée par le chanteur harmoniciste Foster Willey Jr depuis sa création, en 1995, Terraplane est une formation issue de la scène bien vivante des "Twin Cities", Minneapolis et St-Paul. Foster est un fervent admirateur de la scène du Chicago blues ; et en particulier de Sonny Boy Williamson, Little Walter et Paul Butterfield. "Bound by love" constitue le tout premier album de Terraplane.
La plage titulaire ouvre l'opus. L’harmonica est bien tonique. Proche du style de Slim Harpo, ce style adopte la même trame funky que "Scratch my back". Appuyée sur le riff progressif de "Help me", "Don't lie" est une très bonne plage. Mark Vandermyde marque le rythme de son orgue Hammond B3 à la tonalité envoûtante. Foster n'a pas une voix bien puissante ; un rien chevrotante, elle convient cependant bien à ce "Don't lie". Instrumental, "Everything's uptight" swingue à souhait. L'empreinte est très jazz. Les différents solistes viennent, tour à tour, se présenter : Foster à l’harmo (NDR : son jeu est fortement influencé par Little Walter), Mark au piano électrique et Dave Hofgren à la guitare. Autre instrumental, "Come-n-home baby" trempe dans un jazz assez exotique. Le leader souffle dans l'harmonica chromatique pendant que l'orgue Hammond évolue dans un registre proche de grands claviéristes tels que Mc Griff et McDuff. Hofgren, qui reconnaît également pour influences majeures le jazzman Scott Henderson et Frank Zappa, s'en sort avec tous les honneurs. L’elpee recèle trois covers incontournables. Tout d’abord le "Hardway" de T-Bone Walker". Souligné d’arrangements particulièrement chatoyants, il permet à chaque soliste de se manifester brillamment sur le devant de la scène. "Little Angel (precious)", ensuite. Signé Annie Lennox (Eurythmics), ce fragment a subi un traitement légèrement funky. Constituée de Jon D Donovan à la basse et de Rey Rivera à la batterie et aux percussions, la section rythmique soutient bien l'ensemble. Ce qui n’empêche pas le morceau de s’achever au rythme du calypso. Le "Tilt-a-whirl" de Jimmie Vaughan enfin, un track enregistré ‘live. La machine est parfaitement huilée. La cohésion entre les musiciens est irréprochable. "She takes my love" est une ballade bien délicate. "We tumbled down", un boogie classique tout au long duquel l'harmonica arrache fiévreusement. Cet opus est d’excellente facture et son niveau musical particulièrement élevé. Nonobstant ces incontestables qualités, la voix de Foster manque encore de maîtrise pour conférer une véritable personnalité à ce Terraplane.

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