Rosetta Rubin Tharpe est née en 1945. A Cotton Plant, dans l'Arkansas. Elle y est élevée au sein d'un milieu très religieux qui répond au nom de 'the Church of God in Christ'. Très jeune, joue du piano et de la guitare ; mais surtout chante le gospel dans les églises. En octobre 1938, elle enregistre à New York sous le nom de Sister Rosetta Tharpe. Et très rapidement, elle acquiert une solide réputation, dans les milieux gospel. Au cours des années 40, elle devient très populaire. A cause de sa voix, mais aussi de son jeu de guitare. Elle décroche quelques succès en compagnie de l'orchestre de Lucky Millinder et Sammy Price. Il lui arrive alors de monter sur scène armée de sa guitare électrique avec Louis Jordan et son Tympany Five. Elle s'est éteinte en 1973 à Philadelphie.
Sous-titrée "A tribute to Sister Rosetta Sharpe", cette collection épingle toutes des chanteuses qui se sont fait connaître sur des scènes aussi diverses que blues, folk, gospel ou jazz. La part réservée au gospel est bien sûr ici très bien représentée. Ainsi, l'ouverture est déjà consacrée au traditionnel "Nobody's fault but mine", que chante Joan Osborne entourée des Holmes Brothers. Sherman, Wendell Holmes ainsi que Popy Dixon sont également de la partie pour épauler la voix puissante et superbe d'Odetta sur "Two little fishes and five loaves of bread", celle de Phoebe Snow pour "Beams of heaven" et la voix frêle de Victoria Williams tout au long "My lord and I". Certaines plages sont extrêmement dépouillées. Et je pense tout particulièrement aux morceaux qui consacrent les performances vocales. A capella de Sweet Honey in the Rock sur "Precious memories", de Michelle Shocked pour "Happening every day" (NDR : que Rosetta avait chanté en 1944 en compagnie du Sammy Price Trio), superbe, naturel et bouleversant manifesté par Janis Ian tout au long de "This train" ; sans oublier celle accomplie par Rory Block lors de son adaptation du "Stand by me". Cet opus recèle également toute une série de fragments qui ont bénéficié du concours d'une formation R&B drivée par la guitariste Del Rey. Enregistrés en Californie, ces tracks mettent en exergue plusieurs chanteuses prestigieuses. Et tout d'abord la plage générique "Shout, Sister shout", chantée par quatre grandes dames : Maria Muldaur, Tracy Nelson, Lou An Barton et Marcia Ball. Marcia se réserve également "I want a tall skinny papa", Maria et Tracy, "Up above my head", Maria le remarquable "I looked down the line" et flanquée de Bonnie Raitt à la slide, "My journey to the sky" ; enfin Angela Strehli concède l'excellent blues rythmé "That's all". Guitariste féminine, Miss Rey avait donc bien sa place ici. Pour votre information, sachez qu'elle a déjà commis quelques albums, dont le dernier ("Twins") est paru en 2002. Un disque enregistré en duo avec Steve James. Joanna Connor et son band se consacrent à "Don't take everybody to be your friend". Chanteuse de gospel, Marie Knight partagea la route de Sister Rosetta fin des 40's, début des 50's. Elle mérite donc légitimement sa place, en interprétant ici "Didn't it rain". L'opus recèle enfin une vidéo de Rosetta, tournée en noir et blanc, un clip issu de "Gospel time", une émission TV issue des 60's. La Gibson SG en bandoulière et épaulée par une dizaine de choristes, elle y chante le classique "Down by the riverside". Non seulement sa voix et remarquable, mais sa manière extravertie, très amplifiée, de jouer des cordes, tout en exécutant des gestes et des petits pas, rappelle inévitablement Chuck Berry et Pete Townsend : " Shout Sister, shout ! ". La cerise sur le gâteau !

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