Présentée comme du 'cinéma pour l’oreille’, la musique de Franck Vigroux est le fruit d’un mélange de bruitisme, de minimalisme et d'avant-gardisme, saupoudré de collages sonores. Et pour compléter le portrait, sachez que tout est ici improvisé. La première plage associe harpe et guitare électrique en exploration, avant de se transformer en narration chuchotée. La seconde, 'Ne prends pas ma bouche', introduit au synthé un dialogue de voix masculine et féminine en incantation. Le produit de la rencontre entre percussions, voix, cordes et bruits revient à la plage 'Les arpenteurs'. Après 'J'ai quitté l'Europe', texte récité sur un lit de guitare sèche et de percussions 'maison', 'Triste lilas' opère un collage sonore de films italiens. La suite est de la même veine, introduisant ici une guitare fretless, là un gong ou une voix lyrique… Sauf pour un mordu d'impro expérimentale, la technique révèle vite ses limites. Même si 'Lilas triste' esquisse des voyages intéressants ou lance des idées séduisantes, l'œuvre reste embryonnaire. La mélodie est inexistante et la recherche véritable ne sort pas d'un périmètre réduit et déjà largement balisé. Les quelques trouvailles mériteraient une place plus valorisante au sein de vraies compositions. Idéal pour une expo d'art moderne, il faut le reconnaître…

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