Le petit groupe londonien de Yuck a réussi à injecter dans son premier opus éponyme, le juste équilibre entre mélodies énergiques et déjantées et chansons un rien nostalgiques. On se retrouve, comme un funambule, au-dessus du vide, marchant sur une simple corde. Une sensation pas si facile à provoquer en dehors de ce contexte. Le danger est que le moindre faux pas peut être fatal. Quelques déséquilibres par-ci, quelques rétablissements par-là, on finit par atteindre l’autre côté sans dégâts. Vous vous demandez sûrement ce qui se trouve au bout de cette corde ? Un petit morceau de pur plaisir musical, j’ai nommé « Rubber ». Un peu comme la ‘standing ovation’ pour l’équilibriste, ce morceau est l’apothéose de cet album, l’ultime récompense. On profite de cet instant comme d’un moment inoubliable.
Toutefois, il faut émettre quelques réserves quant à ce numéro épatant. On n’est pas encore dans le grand vide, le fil est tendu d’un côté à l’autre d’un chapiteau de cirque. Pas accroché à l’Empire State Building ou surplombant le Grand Canyon. Bien que Yuck nous prouve qu’il n’y a pas que des clowns sous les chapiteaux, il ne fait aucun doute que pour un premier essai, il s’agit d’une prouesse. Mais laissons bien les choses à leur place : on est encore loin de la sensation extrême, de la grandeur ultime, du vide abyssal.

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