Après avoir commis trois elpees taillés dans le folk pop visionnaire, les Delgados ont été invités à réaliser la bande sonore d'un film documentaire consacré à l'œuvre de l'artiste iconoclaste Joe Coleman. Un travail, au départ, assez décousu, que Dave Fridman (Flaming Lips, Mercury Rev) est parvenu à refondre par une mise en forme splendide. Un mélange de beauté et de mélancolie qui s'est concrétisé sur l'album " The great eastern ". C'est dans le même esprit que le quatuor a décidé d'enregistrer " Hate ". Mais en faisant, tout d'abord, appel à l'ingénieur du son Tony Doogan, considéré aujourd'hui un peu comme le cinquième membre du groupe. Et pour mettre la touche finale, les bandes ont été judicieusement retouchées par… maître Fridman en personne ; qui en assure, en outre, la production. Résultat des courses, l'univers sonore imaginé par les Delgados, tout au long de " Hate ", n'a jamais été aussi proche de celui des Lips ou du Rev. L'instrumentation basique se fond ainsi à merveille dans les arrangements et les orchestrations de cordes, parfois enrichies de chœurs. Somptueuse, cinématique, la musique glisse comme une rivière qui charrie des sentiments de douleur, d'esthétisme et de mélancolie, des sentiments alimentés par les contes ténébreux et bouleversants d'Emma Pollock et d'Alun Woodward, des contes qu'ils chantent de leurs timbres tellement fragiles et vaporeux ! Un bien bel album !

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