Le dard tournoyant au milieu d'une tempête de riffs et de beats féroces, ce " Scorpio Rising " terrasse l'auditeur dès les premières notes, avec un diptyque sans repentir : " Leather " et " Girls ", cène SM avec Jésus en perfecto et les 12 Apôtres en Chevaliers de l'Apocalypse. A la suite, une complainte electroklash qui étouffe nos tympans et tourmente nos béquilles, " Hands Around My Throat ", chanté d'une gorge profonde et glacée par une Nicola Kuperus (du groupe Adult) en pilotage érotico-automatique. Tapi dans l'ombre du rock le plus tourmenté et de l'électro la plus crade, Death In Vegas sonne une fois pour toutes le glas du big beat festif et de la pop inoffensive, joue avec nos nerfs et nos zones érogènes. D'autres renforts, Liam Gallagher et Paul Weller, rock-stars échappées du business circus, se la jouent sans fards et sans pétards, l'arrogance en berne et la voix enfin révélée. " Scorpio Rising " érigée meilleure chanson d'Oasis, et " So You Say You Lost Your Baby " meilleure reprise mod d'un standard de Gene Clark (The Byrds), c'est l'Union Jack qui claque avec panache dans le ciel maussade du rock anglais. Reste Hope Sandoval pour calmer les ardeurs de ces " Easy Riders " à califourchon sur les BPMs, avec deux slows à la gloire de Ravi Shankar, " Killing Smile " (banjo et violons sur fond Bollywood) et " Help Yourself " (ou " Private Psychedelic Reel " corrigé à l'encens hindou et aux effluves stoogiennes). Avec " Scorpio Rising ", Tim Holmes et Richard Fearless planent au-dessus de la mêlée. Et de leur position en apesanteur, c'est le futur du rock qu'on aperçoit à l'horizon.

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