Au cours de ces dernières années, le blues sans concession de Steve Gene Gold recueille un franc succès. Agé de 70 balais, ce Californien a connu, dans sa jeunesse, Janis Joplin. Son épouse est norvégienne. Il s’est d’ailleurs établi en Norvège, pendant quelques années, où il a fondé sa famille. Nombreuse, il faut le préciser. Il est cependant revenu aux States, et s’est installé du côté de Seattle. Ses débuts discographiques ne datent que de 2004. Mais depuis, il faut reconnaître que l’artiste est devenu particulièrement prolifique. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son fils Paul Martin Wold. En outre, l’artwork de la pochdette a été imaginé par son autre fiston, Didrik Wold.
Un intimisme chaleureux envahit "Treasures", une compo chantée par Steve, soutenue par les cordes acoustiques de sa guitare ainsi que de son banjo, et balayée par le violon de Georgina Leach. Lors de la plage éponyme, il nous plonge dans le Delta. Il se réserve les vocaux, sous une formule trio, qui implique –excusez du peu– John Paul Jones (ex-Led Zeppelin) à la basse. Une plage à la fois chiadée et intense. Malgré son titre, "Burnin' up" est une ballade lente, ténébreuse, dépouillée, un blues caressé par la voix douce et paisible de Steve. Une piste au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, face aux percussions fragiles de Dan Magnusson. Magique ! Les accents métalliques du Delta opèrent leur retour, dans une certaine liesse, pour nous convaincre que "Don't know why she love me but she do". Steve déambule à petits pas, en maltraitant sa guitare à quatre cordes (une ‘Cigar box’) qui libère des sonorités très jouissives. Au bord de l’extase, il hurle sa joie de vivre en ces instants de bonheur. Après une trêve acoustique, il revient furieux, flanqué de sa gratte à trois cordes, et épaulé par la basse de John Paul Jones. Ce dernier doit alors certainement se souvenir des vibrations électriques produites par Led Zeppelin, lors d’un implacable et intransigeant "Back in the Doghouse", une piste attaquée dans l’esprit de son premier elpee solo "Dog House Music", sorti en 2006. Il revient sur terre, armé de son banjo pour interpréter "Underneath a blue and cloudless sky". Seasick Steve souffre peut-être du mal de mer, mais il aime profiter des plaisirs de la vie. Il est de sortie. Pour boire un coup. Et fréquenter les filles. Au port. Son sémillant "Party" nous conte ces aventures. Il entre en transe lors de l’atmosphérique "Days gone". Rondement menée, cette compo est dynamisée par des montées en puissance assez irrésistibles. Et pour clore cet elpee de bonne facture, Steve s'efface lors d’une ballade empreinte de douceur, enrobée de chœurs. Sculptées dans les cordes acoustiques, elle est même enrobée de chœurs...

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