On travaille sérieusement chez The Workhouse, trop sérieusement peut-être... A l’instar de moines cisterciens, ces musiciens bâtissent des cathédrales sonores shoegaze –qui ont d’ailleurs séduit John Peel il y a quelques années– un peu austères. Le titre de leur 3ème album, « The Coldroom Sessions », décrit à merveille leurs morceaux glacés, mais encore suffisamment humains pour ne pas être chirurgicaux. Epurée, la musique de The Workhouse pêche donc parfois par sobriété ; et le mélomane risque fort de se détacher progressivement de son écoute, car il est parfois difficile de différencier un morceau de l’autre. Le chanteur possède une voix profonde. Un peu comme Lou Reed. Le climat est sombre. Martial même. Un peu dans l’esprit de Joy Division. Mais les « Coldroom Sessions » finissent par nous plonger dans une certaine torpeur, malgré quelques moments de bravoure, comme les trois plages qui ouvrent la plaque : « Fading Fast », « Stalker » et « The Last Time I Saw the Stars ». Difficile pourtant, de ne pas avoir du respect vis-à-vis d’une formation rendant hommage de si belle manière à son producteur, mort avant l’enregistrement de son album : ‘We were due to record this album with Rich Haines. Sadly, he was taken ill and passed away before we could begin. This album is dedicated to him’…

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