Le label canadien Constellation est un gage de qualité. Non seulement, il a joué un rôle très important dans la popularisation du post-rock (Silver Mt. Zion, Godspeed You ! Black Emperor, …), mais son écurie regorge d’artistes talentueux. Depuis feu Vic Chesnutt jusque Matana Roberts, en passant par Pat Jordache, Constellation se trompe très rarement de cheval.
Evangelista, c’est le projet de la chanteuse américaine Carla Bozulich. « In animal tongue » constitue son second opus pour ce label. Et également le deuxième sous ce patronyme. Chanteuse et multi-instrumentiste, elle est également illustratrice. Elle compte quand même trente longues années de carrière. Un parcours qui lui a permis de côtoyer le gratin de l’indie rock ; et en particulier Sonic Youth ainsi que Wilco.
Carla Bozulich nous invite à pénétrer dans son univers glauque et inquiétant. Et dès « Artificial Lamb », le morceau qui ouvre l’elpee, le ton des donné. La voix de Carla est spectrale. L’instrumentation minimaliste. Mais suffisante pour communiquer une tension constante à l’album. Superbe, « Bells Ring Fire » constitue manifestement le sommet de l’opus. Une œuvre qui s’enfonce, au fil de son parcours, dans les ténèbres. Et nous entraîne dans un monde de plus en plus étrange. Bruitiste, psychédélique même, il glisse progressivement vers le délire. Mais un délire susceptible de bouleverser. Et lorsque hanté par des chœurs chamaniques, « Die alone » se met à errer au gré des accès de violon chancelants, on n’est plus loin de la folie…

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