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Responsable de sept elpees entre 1985 et 1994, à la tête du défunt et mythique American Music Club, puis auteur de trois albums solos, pour lesquels il avait reçu le concours, tantôt de Bruce Kaphan et de Danny Pearson d'AMC, de James Mc New de Yo La Tengo, de Steve Shelley de Sonic Youth, de Mike Mc Cready de Pearl Jam ou encore de Peter Buck de REM, Mark Eitzel a voulu se la jouer davantage en solitaire, en assumant, sur ce nouvel opus, la quasi totalité de l'instrumentation, l'intégralité des arrangements, de la programmation et de la production. En plus du chant et de l'écriture. Il y a bien la présence de l'un ou l'autre invité sur l'un ou l'autre fragment, dont son ami et confident Vudi. Et puis le concours de l'ex Tarnation Alex Oropeza et de Christopher Davidson au mixing. Mais pour le reste, il a vraiment joué à l'homme orchestre.

Et pour un coup d'essai, c'est un véritable coup de maître. Pourtant, le résultat est fondamentalement différent de ce qu'il avait l'habitude de nous réserver. En fait, s'il a composé toutes ses chansons à la guitare acoustique, il les a surtout reliftées à l'aide d'une multitude de samples, boucles, boîtes à rythmes et autres sonorités technologiques tirées d'un Mac G4. Et cette interaction entre instrumentation acoustique et outils électroniques lui a procuré un tout nouvel environnement, au sein duquel, personnellement, je ne m'imaginais pas un jour le voir évoluer. Un environnement au sein duquel il alimente de sa voix écorchée si caractéristique, des moments extraordinairement dramatiques. Et je pense tout particulièrement au très beau " Without you ", chanson dédiée à son amie Kathleen Burns, décédée en 98 ; fragment dont la toile de fond jazzyfiante, luxuriante, tisse sa mélodie entre drums, vibraphone et cuivres, un peu à la manière d'un Robert Wyatt. Des moments dramatiques mais également, et c'est étonnant plus optimistes voire hilarants. A l'instar du final " Proclaim your joy ", sorte de blues loufoque pastichant le Lou Reed circa " New York ". Sans quoi, le reste de l'opus vaut son pesant d'or. Depuis l'intro sinistre et sinueux " The boy with the hammer ", dont le groove est curieusement inspiré par " Shaft ", au hit potentiel, très contagieux, " Seeing eye dog ", en passant par le très rafraîchissant " Can you see ? " (Belle et Sebastien ?) ; l'exploration baroque, psychédélique, minimaliste et acoustique " Christian science reading room " (Syd Barrett ?), l'ambient " Sleep ", dont l'étrange progression sur fond de boucles de guitares contraste avec l'orgue en contrepoint, le jazz paresseux, aux arrangements " poppy ", " Shine " (The Sea & The Cake ?), le trip hop " Steve I always knew ", la bossa nova au refrain candide " Bitterness " (Everything But The Girl ?) et la chanson d'amour " Anything ". Bref, un must !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Mark Eitzel
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Matador / Konkurrent
  • Date: 2001-12-31
  • Rating: 0
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