D'ici quelques mois (temps terrestre) les Yankees Matmos auront envahi les ondes de notre bas monde pour mieux le mettre à feu et à sang. L'étoile biscornue Björk vient en effet de leur donner à traiter ses extravagances musicales sur son prochain brûlot " Vespertine ". Notre fringuant duo transex, habitué à ausculter les ratages numériques pour en faire autant de ready made sonores, ne délaisse pas ici son côté " infirmier des oreilles spécialisées " à travers le déstabilisant " A chance to cut is a chance to cure ". Un concept album sans œillères qui assimile avec un je-m'en-foutisme intello musique concrète, discoïde homo et quelques millilitres ouatés d'electronica rêches puisés sur les rebords liquides des salles d'opérations. Un concept pour le moins intriguant, lorsqu'on sait que ces dépuceleurs du rythme binaire, déjà responsables de trois albums electronico- barrés sortis sur Domino, agencent bruits de liposuccion, de laser, d' acupuncture, de rat en cage, récoltés pour la plupart en prise directe, afin d'obtenir des fragments baveux, aux structures bâties sur les miettes gore de peau raclée, avec ce sens du burlesque troupier qu'on jugerait par instant provenir de la perfide Albion. Points d'orgue de cet elpee, " Spondee " et " For Felix " empruntent l'énergie et les montées d'adrénaline propres à la house millésimée des clubs de San Francisco, pour la moudre à des stridences qui, en s'éloignant de l'univers oppressant qui les génère, émeuvent. Tu cherches la lumière et c'est l'impasse disait Bashung. Pour une fois, l'impasse aura l'aspect d'un matin d'été éternel, comme une joie simple perpétuellement renouvelée.

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