Digne représentant du Delta blues moderne, Lonnie Shields est aujourd'hui âgé de 44 ans. Originaire de West Helena, dans l'Arkansas, il est venu au blues, après avoir rencontré les Jelly Roll Kings, Frank Frost, Sam Carr et Big Jack Johnson. Lorsque le label Rooster se fixe à Clarcksdale, dans le Mississippi, il est le 1er bluesman local à y enregistrer. L'album "Portrait", en 92, pour ne rien vous cacher. Johnny Rawls le fera signer chez JSP, le label anglais de John Stedman, sur lequel il sortira 2 albums, "Tired of waiting" en 96 et "Blues is on fire", l'année suivante. Lonnie avait commencé à enregistrer cet album pour Rooster en 93, mais ce travail a été complété pour "Midnight delight". Il est accompagné par l'équipe locale de Rooster. En l'occurrence, Johnny Rawls, L.C Luckett et Super Chikan.
Lonnie est surtout un chanteur de soul blues. Sa musique est légère, empreinte de beaucoup de sensibilité. La guitare semble frêle, mais elle aussi, laisse échapper bien du feeling. Ce n'est donc pas un album de Delta blues, car la place laissée à la soul l'emporte aisément. Dommage, car lorsque notre homme s'attaque au blues, c'est plutôt réussi.
Curieux, mais la meilleure plage, "Lookin' up at the blues", clôt le disque. Un blues réellement savoureux. Son jeu tout en finesse sur les cordes épouse idéalement sa voix chaleureuse. Dans le genre, "Arkansas is my home", interprété en compagnie de son ami Super Chikan à la guitare n'est pas mal non plus. L'ouverture qui donne son nom à l'album se dessine autour d'une bien jolie mélodie, colorée par les cuivres des Gold City Horns. Voilà une plage que j'aimerais entendre chantée par Robert Cray. La guitare toute en dentelle de L.C Luckett et le jeu de basse d'Eric Thomas accompagnent à merveille "Love games". Le riff de "I'm bad" nous invite à la danse. L'instrumental "De Soto bridge" (un pont qui relie l'Arkansas au Mississippi) est aussi un bon moment au cours duquel se distinguent Johnny Rawls à la guitare et Charles Hodges à l'orgue.

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