Il semble déjà loin, le temps où Mastodon reprenait « The Bit » des Melvins devant deux pelés-trois tondus : aujourd’hui les metalleux jouent en ‘support act’ de Slayer et ne parlent plus de rébellion mais de métro-boulot-dodo (le DVD bonus, hilarant). Faut bien éduquer la marmaille et rentrer dans le rang, vendre des disques, un peu, beaucoup, le plus possible, sinon c’est la Warner qui va pas être contente. D’où cette fâcheuse impression que nos quatre chevaliers de l’Apocalypse ont mis pas mal d’eau dans leur vin, et forcément ça laisse un goût amer. « Blood Mountain » sonne pourtant bien comme un album de Mastodon, mais sans cette colère viscérale qui leur donnait auparavant cette gueule de vrais méchants. Au rang des accusés ces voix claires qui sonnent comme le début de la fin : il faut vendre, il faut plaire au quidam qui aime ce ‘quelque chose de monstre’ sans craindre pour ses fesses. Voici du metal calibré pour passer à Werchter… Serait-ce le sort commun des artistes qui veulent entrevoir la lumière des flashes et des néons GB ? Et même si « Blood Mountain » reste un sacré disque de riffs énormes et de refrains dantesques (« The Wolf is Loose », « Capillarian Crest »), il n’empêche qu’on n’y croit plus des masses. Même Scott Kelly (Neurosis), Josh Homme (QOTSA) et Cedric Bixler-Zavala (Mars Volta), sans doute invités pour faire bonne figure, n’ont pas trop l’air de trouver ça très drôle. Comme souvent lorsqu’un groupe passe du statut d’underground à celui de produit de masse, on fait un peu la moue. Avant on croyait être les seuls à les comprendre, mais aujourd’hui on nie un peu l’affaire. L’effet major, me direz-vous ? Pardonnez donc notre snobisme, et sortez votre pèze : n’est pas metal qui veut, surtout à 30 euros le t-shirt.
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