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The black code

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Les prémices de Wo Fat remontent à 2003, lorsque le guitariste Kent Stump se joint au bassiste Tim Wilson et au batteur Michael Walter. Le trio a un but commun : créer une musique féroce, puissante et lourde. Et pour y parvenir, il va puiser dans la quintessence de l’œuvre de Black Sabbath et Jimi Hendrix. Le combo est texan. Il est établi du côté de Dallas, à l’instar de ZZ Top. Pas étonnant dès lors que les racines southern rock soient bien présentes, tout comme le feeling bluesy. Il pratique du psyche-doom-adelic, se réservant une liberté totale d’improvisation ; un peu comme un jam band biberonné au stoner rock. Il avait publié son premier elpee en 2006, "The gathering dark". Un disque suivi par "Psychedelonaut" en 2009 et "Noche des Chupacabra" en 2011. Wo Fat est signé chez Small Stone. Et au vu du style proposé, ce n’est guère surprenant. En observant la pochette de ce "Black code", on a l’impression d’entrer dans un univers sidéral, lugubre et peu accueillant.

L’elpee est découpé en cinq longues plages. "Lost highway" nous précipite immédiatement dans un monde terrifiant, implacable. Les riffs sont écrasants. Les trois musicos manifestent une cohésion sans faille pour alimenter cette lame de fond dantesque. Le spectre de Black Sabbath est bien présent, c’est une certitude, même si le combo possède sa propre identité. Pas de hurlement intempestifs, mais une sensibilité autant métallique que dramatique ; et la voix de Kent s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Caractérisée par ses changements de rythme, la structure de cette plage est complexe. Sa progression est indolente mais savamment orchestrée, jusqu’au moment où les cordes décident de s’échapper, telles des bêtes sauvages qui défoncent (les pédales ?) tout sur leur passage. Ce mal de vivre s’accentue encore tout au long de "The black code". Un code noir bien de rigueur alimenté par des cordes déchirées, triturées, agonisantes, décrété sur un tempo aux accents blues. Décharnée et glauque, la voix adopte le timbre d’un célèbre concitoyen, Billy Gibbons. Le choc des générations est impitoyable. Stump lutte à l’aide de ses cordes. Pendant près de 10', la pression exercée sur la pédale wah wah est impitoyable. Et "Hurt at bone" ose pousser le bouchon encore plus loin, si c’est encore possible. Pour la circonstance, Stump percute stoner rock et Mississippi blues basique, en se servant d’une slide qui n'est pas parvenue à fuir à temps. Une recette rappelant le Led Zeppelin des grands jours. Faut croire que Kent a du rêver de Jimmy Page, au cours des nuits qui ont précédé les sessions d’enregistrement. Nos trois rockers empruntent leur vaisseau spatial pour se rendre sur le nouvel astre, là où règne déjà le ‘sabbat noir’. Ce périple est reproduit tout au long de la longue introduction instrumentale de "The shard of Leng". A leur arrivée, ils y constatent que les débordements lysergiques sont d'une intensité inouïe. Wo Fat nous abandonne à notre cauchemar après s’être enfoncé dans une forme de sommeil particulièrement agité ("Sleep of the black lotus"). Pas de répit ni de repos sur cet opus, mais un voyage au cours duquel on a l’impression de vivre des moments de peur, d’angoisse, de torpeur et même d’agression. Et pourtant, cet album est superbe…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Wo Fat
  • Genre: Metal/Prog/Noise
  • Label Prod: Small Stone / V2
  • Date: 2012-11-13
  • Rating: 4
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