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American Twilight

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Toujours drivé par Simon Bonney, Crime & The City Solution s’est reformé en 2011, après s’être séparé en 1991. Au cours de son histoire, la formation a connu de multiples modifications de line up, le plus souvent dictés par des changements de résidence. Depuis Sydney à Detroit (aujourd’hui), en passant par Melbourne, Berlin et Londres. Mick Harvey (NDR: lui jusqu’en 1990), Rowland S. Howard (décédé le 30 décembre 2009), Harry Howard et Epic Soundtracks y ont même milité ensemble entre 85 et 86. Et Alexander Hacke, également impliqué chez Einstürzende Neubauten, ainsi que le violoniste Bronwyn Adams constituent les derniers rescapés de la précédente mouture. Pour la nouvelle version du projet, Simon a fait appel à David Eugene Edwards (Wovenhand) ainsi que l’ancien bassiste des Witches, Troy Gregory. Le vétéran Jim White, se chargeant des drums.

Malgré ces bouleversements, la musique de C&TCS continue de baigner dans un climat typiquement aussie. Epique, le plus souvent. Comme lors du titre d’entrée, le solide « Goddess » (Midnight Oil ?) Ou sur « My love takes me there », une compo hantée par le lyrisme ténébreux et urbain de Nick Cave. Celui de ses Bad Seeds des débuts, en particulier. La voix de Bonney est grave, les riffs de guitare bien saignants. Mais paradoxalement, l’ensemble est balayé de cuivres mariachi. Des cuivres que l’on retrouve épisodiquement tout au long de l’opus. Comme sur le blues enlevé « River man ». Plutôt tourmentés, ils nous renvoient cependant à Hunters & Collectors. Le recours aux chœurs r&b accentue d’ailleurs cette impression. Des chœurs qui peuvent devenir évangéliques. A l’instar de « Domina », une valse lente caractérisée par un solo de gratte gémissant, presque floydien. Ou sur le percutant et hypnotique « American twilight », une piste au cours de laquelle Simon psalmodie à la manière d’un Mark E. Smith, pendant que cette chorale entretient cette forme d’envoûtement (Hunters & Collectors ?) La voix peut cependant se faire crooner, comme sur la ballade meurtrière « Beyond good and evil » ou lors du titre final, « Street of West Memphis », une plage mélancolique construite sur un lent mais puissant crescendo. Cependant, le morceau le plus éloquent de l’elpee est manifestement, « The colonel », au cours duquel Simon chante ou déclame, à la manière de Jim Morrison. Tout en retenue mais menaçante, la tension est entretenue par la conjugaison entre le violon grinçant de Bronwyn Adams et les guitares cinglantes et savoureusement discordantes...

Plusieurs écoutes sont néanmoins nécessaires avant de bien assimiler cette œuvre. Et c’est alors et alors seulement qu’on se rend compte qu’elle est remarquable !

 

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