En découvrant la pochette du disque et le nom du groupe, je me suis demandé s’il n’y avait pas erreur sur la personne… Pourquoi m’enverrait-on l’album d’une chanteuse de variété, fan de Chimène Badi de surcroît ? Titres en français, portrait semi caché d’une jolie brune en couverture, tout était réuni pour m’induire en erreur. Et l’introduction de l’elpee n’a rien fait pour lever cette méprise, tant le côté pop m’a sauté au visage. Et puis, en fouinant un peu, je me suis rendu compte de mon erreur. AmAndA aime brouiller les pistes, et je me suis fait avoir comme un bleu. Loin de la chanteuse de variété ultra formatée, AmAndA est un groupe de rock progressif qui sort ici son troisième album. En dix ans, à travers sa discographie, il n’a eu de cesse de jouer avec le mystère autour de l’identité de cette Amanda. Le concept est intéressant, la musique hors des sentiers battus, très théâtrale, tant influencée par la pop (on n’est parfois pas très loin de l’univers sonore d’un Rapsat, voire de Polnareff) que le space opéra (l’influence de Queen est aussi présente que celle de Starmania). Le chant, très lyrique, est de grande qualité, à l’instar des textes, et les arrangements sont aussi très ambitieux. Dommage que la production ne suive pas. Le son souffre d’un côté très synthétique (la guitare électrique est à la limite du supportable) qui rend l’ensemble souvent franchement indigeste. Saluons toutefois l’ambition et l’originalité du groupe, « Là Où Chimène Dort » n’est pas un album comme on en entend tous les jours, et malgré mon à priori franchement pas positif, j’ai quand même trouvé pas mal de bonnes choses dans cette plaque.

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