Dans l’histoire du blues, James Cotton est l'un des plus grands harmonicistes. Né à Tunica, dans le Mississippi, il est aujourd'hui âgé de 78 ans. Début des années 50, il avait entamé sa carrière, au sein du backing band du mythique Howlin' Wolf. Ses débuts discographiques remontent à 1953. Chez le label Sun. Quelques années plus tard, il succède à Little Walter au sein du Muddy Waters Band. Il y restera jusqu'en 1966. L'année suivante, il fonde son James Cotton Blues Band, formation qui se produit alors régulièrement au Fillmore. Tant celui de New York que de San Francisco. Il a enregistré une belle panoplie d’albums. Fin des années 90, on lui diagnostique un cancer de la gorge. Et il va finir par gagner son combat contre la maladie. Son dernier enregistrement vocal date de 2000. Un disque intitulé "Fire down under the hill" et paru chez Telarc. Depuis, il se concentre sur son harmonica.
Pour concocter cet elpee, le label chicagolais Alligator a mis les petits plats dans les grands. Il a ainsi invité une belle palette d’invités notoires. "Cotton Mouth Man" a été enregistré à Nashville, sous la houlette de Tom Hambridge (Buddy Guy, Joe Louis Walker, Susan Tedeschi). Hambridge et son ami Richard Fleming ont pratiquement écrit toutes les plages. La base instrumentale est assurée par Hambridge, aux drums, Glenn Worf à la basse, Chuck Leavell aux claviers et Rob McNelley à la guitare rythmique. Des partenaires issus de son Blues Band ont également participé aux sessions, dont Tom Holland, Noel Neal et Jerry Porter. On les retrouve sur l’une ou l’autre plage. Et de nombreux vocalistes sont venus prêter main forte au mythique bluesman…
La plaque s’ouvre par le titre maître. Un boogie détonant balisé par le quinquagénaire texan, Darrel Nulisch. Le vieux James souffle comme un possédé dans sa musique à bouche. Le solo du jeune Bonamassa aux cordes est particulièrement coloré. De sa voix ravagée, Cotton annonce l’arrivée imminente du "Midnight train", et sous les coups de boutoir de son instrument, la compo emprunte le rythme du chemin de fer. Gregg Allman y assure le chant. Autre membre des Allman Brothers Band, Warren Haynes guide le boogie "Something for me", de la voix et de sa slide. "Mississippi mud" nous ramène dans le Delta. Un excellent blues lent chanté par le bluesman noir californien Keb Mo, face au piano inspiré de Chuck Leavell. Keb Mo se réserve le micro, mais aussi la six cordes sur "Wasn't my time to go". Darrel Nulisch est régulièrement préposé au chant. Normal, puisqu’il remplit ce rôle au sein du James Cotton Band. Dans le passé, Nulisch a milité chez les Rockets d'Anson Funderburh, le Mike Morgan Crawl et les Broascasters de Ronnie Earl. Excusez du peu! Il chante encore cinq titres, dont les superbe blues "He was there", au cours duquel Cotton est au sommet de son art, ainsi qu’une merveilleuse version du "Bird nest on the ground" de Doyle Bramhall. Mais également le sémillant "Saint on Sunday", un "Yound bold women" inspiré par la Nouvelle Orléans et le funky "Blues is good for you". Texane, Ruthie Foster est une vocaliste de blues et de gospel talentueuse. Elle interprète élégamment un autre blues lent, "Wrapped around my heart". Les interventions de James sur son harmo sont belles à pleurer ! Delbert McClinton est un autre Texan. Il est aux commandes de l'excellent "Hard sometimes", soutenu par la slide de McNelley, pendant que l'harmonica gronde. Une dernière surprise nous attend en finale. James chante "Bonnie Blue", une compo acoustique interprétée en duo avec Colin Linden. A ce jour, ce « Cotton Mouth Man » constitue le meilleur album de blues paru en 2013…

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