Auteur/compositeur/chanteur/guitariste Jerry Miller vient juste de fêter ses 70 balais. Il vit à Tacoma, dans le Nord-ouest étasunien. Au cours des 60’s, il a milité au sein de Moby Grape, une des formations –et elles étaient nombreuses à l’époque– qui a vécu la ‘flower power’. Issu de la contre-culture, ce mouvement a sévi, au cours de cette époque, à San Francisco. Le band a d’ailleurs gravé quatre albums entre 67 et 69. Jerry va ensuite brièvement transiter par les Rhythm Dukes. En 1995, il retourne vivre chez lui, à Tacoma. Il fonde alors le Jerry Miller Band. Considéré comme ‘un musicien pour musiciens’, il figure au 68ème rang sur la liste des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps, établi par le magazine Rolling Stone. Sa dernière œuvre, "Live at Cole's", remonte déjà à 1998. Son style ? Il le puise essentiellement aux racines de la musique country… Les sessions d’enregistrement de "New road under my wheels” se sont déroulées au sein des studios Middleville…
Brève plage instrumentale, "Travis Express" ouvre l’elpee. Un superbe morceau de country & western, propulsé à vive allure sur la voie ferrée. Jerry ne chante pas. Il se consacre essentiellement aux cordes. Mais il a pris le soin d’inviter quelques amis afin de compenser cette lacune. Et tout d’abord Miss Tess. Issue de New York City, elle inteprète "I've got a new road under my wheels", une autre compo de western swing. Jerry aligne ses notes à la vitesse de l'éclair, face à une section rythmique saturée de swing. Un tandem réunissant John Sciascia à la basse acoustique et Jason Beek aux drums. "Detour" maintient le tempo enlevé. Roy Sludge chante et double au piano. Sculpté dans le surf country, "Round 'em up" met en exergue la performance réalisée à la pedal steel. Eric Royer se réserve les vocaux pour "Eight more miles to Louisville" et "Poor Eilen Smith", deux morceaux qui sans surprise, baignent dans du western swing, un western swing particulièrement vivace. Jerry adore aligner les notes. Un exercice de style qu’il emprunte tant au swing, jazz que country ; à l’instar de "What a little moonlight can do", qu’Eilen Smith vient chanter en fin de parcours. Et lorsque le tempo se calme, Sludge reprend le micro pour "Steuben street blues" et "Brother drop dead" (NDR : Roy a également entamé une carrière de chanteur au sein d’un band pratiquant la country et le rockabilly ; il vient d’ailleurs de graver un nouvel opus baptisé "Too drunk to truck"). "Moon fallin'" est une jolie ballade instrumentale sculptée dans le country blues. Un morceau qui ne manque pas de charme, caractérisé par les interventions sublimes de la guitare aux accents métalliques. Surf instrumental, "Slaughter on Roosevelt boulevard" est une petite pépite dispensée en fin de parcours. Et Miss Tess met un terme définitif aux hostilités, en posant ses vocalises sur le très swing "The end of the line"…

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