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I'm your man

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Wilson Blount est né en Caroline du Nord, il y a près de 50 ans. Très jeune, il travaille dans les plantations de tabac et de coton. Le dimanche, il chante le gospel, à l'église. A 16 ans, il s'engage dans l'US Army et est affecté en Allemagne. Après moult péripéties, il se marie en compagnie d’une Teutonne. Et s’il avait déjà tâté du blues aux States, c’est dans son pays d’adoption qu’il va lancer sa carrière. Big Daddy a publié neuf albums. En solo ou à l’aide d’autres artistes. Le précédent elpee était paru en 2011 chez Ruf, tout comme "Love is the key", en 2009.

Big Daddy a la voix taillée sur mesure pour chanter le blues. Grave, puissante, expressive, elle se met en exergue dès les premiers accords de "Travelin' blues", une compo caractérisée par le recours au bottleneck et atomisée par de lourdes percus, mais qui emprunte les accents traditionnels du Delta. La voix est d’une grande pureté. Pas de doute, il l’a forgée lors de son enfance, en participant aux offices religieux. Et le "Hold the ladder" d’Eric Bibb en est une nouvelle illustration. L'accompagnement est respectueux du chant. A la six cordes, le Suédois Staffan Astner ne concède que les notes nécessaires pour raffiner la plage. Les différentes voix se relaient comme dans le gospel, pendant que l'orgue Hammond de Peter Hallstrom vient tapisser le tout. Très grave, le timbre vocal se détache d’"I'm your man", un morceau d’excellente facture. Balayé par les interventions au violon de Petra Wahlgren et à la clarinette d'Eric Mossnelid, "I wanna be your man" vire au country bluegrass. Astner joue divinement de la slide. Il est vrai qu’il est devenu un fidèle partenaire d'Eric Bibb ; et ses cordes font vibrer "My day will come". "Please " est une tendre ballade acoustique. L’intro de "Hurricane" est tonitruant. Wilson élève la voix, sans durcir le ton. L’émotion éprouvée par l’artiste est bien mise en exergue face à la gravité de l'événement. Une petite touche latine colore "Oh Carolina", une autre ballade qui nous conduit du Tennessee à Mexico City. Intimiste, "Born loser" est une compo très roots. Un climat que l’on retrouve tout au long du remarquable "Baby's coming home", une piste qui enfonce ses racines profondément au cœur de la musique afro-américaine. Wilson joue du Diddley Bow, un instrument à cordes d’origine ghanéen, comparable à la cigar box guitar (dont la caisse de résonance a été réalisée à l’aide d’une boîte de cigare). Trois minutes de bonheur! Deux titres folk pour clôturer l’elpee. Tout d’abord "Show dog", balayé par les interventions d’un violon. Et puis le délicat "I'm so glad". 

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Big Daddy Wilson
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Dixiefrog / Bertus / V2
  • Date: 2013-04-01
  • Rating: 4
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