En 2010, Cloé publiait « Hasards de trajectoire », un concept album présenté sous la forme d’un road movie tourné dans le métro de Bruxelles. Suscitant en mon fors intérieur, un sentiment de claustrophobie. A nouveau habillé d’un superbe booklet cartonné, « D’une nuit à l’autre » est à nouveau conceptuel, mais il est remonté à la surface. Le thème principal de cette œuvre est le départ. Depuis la capitale de l’Europe. D’un autochtone qui décide de s’installer à l’étranger. De la réaction du voisin et de l’épicier face à cette décision. Mais également évoque le destin des immigrants qui se sont exilés à Bruxelles, depuis de nombreuses années. En parsemant l’opus de leurs témoignages. La plupart y ont travaillé. Y travaillent même parfois encore. Le plus souvent comme indépendants. Ont eu des enfants. Mais ont toujours rêvé un jour de retrouver le soleil de chez eux. Portraits décrits sous une forme poétique et déclarations récoltées lors d’une sorte de micro-trottoir, accent des intervenants sauvegardé pour la circonstance, constituent la trame de fond de ce disque fort bien ficelé. Et pour cause, l’aspect musical est particulièrement soigné. Electro, classique (NDR : certains passages ont été réalisé par l’Orchestre de Chambre du Luxembourg, en compagnie duquel elle a d’ailleurs joué en live, arrangés par Renaud Lhoest), spoken word, chanson et rock font ici bon ménage. Artiste polyvalente, Cloé nous démontre à nouveau toute l’étendue de son talent. Et puis la pertinence de ses messages. Elle qui a beaucoup bourlingué, nous rappelle que si on aime voyager, on aime tout autant retrouver son chez soi. Et dans ce contexte, la notion de l’exil prend une toute autre signification…

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