Le problème des genres ‘à la mode’, c’est qu’ils vieillissent très vite, et très mal. Si « Evolve » était paru il y a dix ans, on aurait peut-être pu sauver quelque chose de cet Ep. Malheureusement, une décennie plus tard, le style est usé jusqu’à la corde, et les porte-parole ont soit disparu, soit retourné leur veste et sont partis rejoindre les hordes du mouvement suivant, dans le vent évidemment ; post-machin, djent, ou que sais-je quoi encore. On peut au moins reconnaître à Chelsea Grin une certaine intégrité, puisque « Evolve » se contente de distiller les clichés purs et durs du deathcore, sans tenter de renouveler le genre, se contentant d’en aligner les clichés les plus horripilants. Vocaux growlés/hurlés en alternance, grattes sous-accordées qui répètent inlassablement le même riff téléphoné, batterie triggée à l’extrême et double grosse caisse calée sur les impacts de guitare. Rien ne manque ! Tout au plus vient s’ajouter une pseudo complexité dans des riffs certes bourrés de notes, mais à la créativité inexistante et sans âme. Quant aux tentatives de chant clair, elles sont automatiquement disqualifiées par l’utilisation de l’auto-tune, effet que les métalleux devraient définitivement laisser à Kanye West. Bref, pas grand-chose à tirer de cet Ep calamiteux, qui n’a pour mérite que sa courte durée, histoire d’avoir mal moins longtemps.

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