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Leyla McCalla est une jeune femme à la peau colorée. Elle est née à New York de parents d'origine haïtienne. Elle joue du violoncelle, depuis qu'elle est haute comme trois pommes. C’est son instrument de prédilection. En 2012, elle s’est établie à la Nouvelle Orléans. Elle y arpente les rues du vieux quartier français pour d’abord y interpréter des œuvres de Bach avant d’opter pour la musique créole et caribéenne, courants apparus bien avant le zydeco. Elle a participé à la tournée de la jeune formation Carolina Chocolate Drops. Elle vient d'enregistrer son premier album, un opus au cours duquel elle a mis en musique des textes de son poète favori, Langstone Hughes. Ce qui explique le sous-titre de cet elpee, "A tribute to Langston Hughes". Lors des sessions, elle a reçu le concours de quelques musicos, dont deux membres des Chocolate Drops, Rhiannon Giddens et Hubby Jenkins.

La sonorité magique, grave et puissante du violoncelle introduit "Heart of gold", une entrée en matière fort originale. La voix de Leyla est claire, douce et expressive. Et la pedal steel de Tom Pryor traverse cette ouverture comme un rayon de soleil. "When I can see the valley" trempe dans le folk, une jolie compo chantée en toute sobriété, au cours de laquelle elle affiche son jeu tellement créatif et subtil à l’aide de son archet. Nous sommes à la Nouvelle Orléans, ville multiculturelle, où tout est susceptible de se mélanger. Les langages, par exemple. Ainsi, Leyla interprète le divertissant "Mesi Bondye" (NDR : comprenez ‘Merci mon Dieu’) armée de son banjo ténor. La musique est introspective. Dignité et passion alimentent son inspiration. Elle pose la voix sur "Girl", en contant la vie enchanteresse d'une jeune fille. Le violoncelle dicte les lignes de basse et (NDR : sans doute par la technique du re-recording) y égrène des notes de ténor banjo, alors que la mystérieuse pedal steel vient balayer le décor sonore ! Leyla est seule pour attaquer "Kamensa w fè?", une ballade traditionnelle haïtienne. "Too blue" s'inscrit parfaitement dans l’esprit de la grande ville louisianaise, un bel hommage à la rencontre entre le jazz et le blues, illustré par la cadence du banjo en rythme et les interventions impeccables à la gratte de Luke Winslow-King, un autre immigré qui s’est installé à la Nouvelle-Orléans. Caractérisé par la présence de deux voix féminines, en l’occurrence celles de Leyla et Rhiannon Giddens, "Mamman Mwen" nous plonge une nouvelle fois dans le folklore. Matt Rhody se réserve le violon sur "Love again blues", un blues proche du bluegrass. Miss McCalla et ses amis des Carolina Chocolate Drops conjuguent leurs voix tout au long de l’amusant "Rose Marie". "Latibonit" transpire des accents latins. Les vocaux sont nerveux. Complexes, les rythmes émanent de la rencontre entre le violoncelle, le banjo et les fragiles percussions. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Changing time", une plage au cours de laquelle on retrouve la voix passionnée de Leyla, son banjo ténor et la pedal steel de Tom Pryor.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Leyla McCalla
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Dixiefrog / Hans Broere Promotion
  • Date: 2013-10-22
  • Rating: 4
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