Drôle de patronyme pour ce groupe fondé par un Australien exilé à New York. En fait il s’agit du nom de la série TV préférée de la mère du leader, Craig Dermody, quand il était gosse. Lorsqu’il a publié son premier opus, en 2010, « Para Vista Social Club », il vivait encore à Melbourne. « Any port in a storm » constitue donc le second opus de Scott & Charlene’s Wedding, même si en en 2012, on recense un split cd partagé en compagnie de Peak Twins.
Mais venons en à cet opus. Ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Dermody. Laconique, désabusée, elle campe un hybride entre Bob Dylan, Shaun Ryder (Happy Mondays) et Mark E. Smith (The Fall), évoluant même parfois à la limite du faux. Le titre qui ouvre l’elpee, « Junk shop », baigne même dans un climat ‘madchester’. C’est un peu l’exception qui confirme la règle, car le reste de l’opus –enfin l’essentiel– évoque à la fois les Replacements (la structure punk) et les Skids voire Big Country (ces cordes de guitares tintinnabulantes, angulaires, épiques, épousant parfois même la sonorité d’une cornemuse). Pas toujours une bonne idée, même si l’ensemble tient bien la route. Finalement, c’est quand ces grattes se fondent mieux dans l’ensemble que les compos sont les plus convaincantes. A l’instar de « Downtown », caractérisé par sa section rythmique plus marquée, dans l’esprit de Celibate Rifles et de Radio Birdman. Encore que cette section rythmique soit généralement offensive, même sur les ballades que je qualifierai d’uptempo.
On évoquera quand même la nature des lyrics. Parfois complètement loufoques. Comme sur « 1993 », traitant d’une conférence de presse organisée dans le cadre d’une rencontre de la N.B.A. Démontrant que Craig est capable d’écrire une chanson sur tout ce qui lui passe par la tête…
Et l’Ep « 2weeks », qui enrichit l’elpee, corrobore mon point de vue. Sur les cinq titres, les guitares sont tout aussi scintillantes, mais moins envahissantes et surtout plus subtiles, parfois même semi-acoustiques (Feelies ?). A l’instar de « My world ». Et puis participent activement à un morceau irrésistible, imprimé sur un tempo tribal hypnotique, « I wanna die ». Ou alors se révèlent judicieusement filandreuses, comme sur « Hazy morning » qui nous renvoient une nouvelle fois aux Replacements…

Nederlands
Français 
