Coco Montoya est un prestigieux guitariste. Un bluesman californien qui s’est forgé sa notoriété en militant chez les Bluesbreakers du vétéran anglais John Mayall. Il a pourtant entamé sa carrière comme drummer, au sein du backing band texan d’Albert Collins. Une légende du blues. Mais c’est sa dextérité aux cordes qui va le rendre célèbre. Coco va vivre d’incessantes tournées, pendant 10 ans, auprès de Mayall. Alors qu’il est encore sous la houlette de son employeur, il tente l’une ou l’autre aventure individuelle. Avant de se lancer en solitaire. Début des 90’s il publie pas moins de trois elpees chez Blind Pig. Puis début de ce siècle, il rejoint Alligator, réservant à nouveau 3 opus à sa nouvelle écurie. Enfin, en 2009, il signe sur le label allemand de Thomas Ruf, pour lequel il vient de graver "I want it all back".
Ruf a décidé de consacrer des albums live, en Cd et Dvd, à ses artistes, qu’il a baptisé "Songs from the road". Joan Shaw Taylor, Oli Brown, Luther Allison, Savoy Brown et Royal Southern Brotherhood avaient déjà bénéficié de la formule. Qui a permis à Coco Montoya et son band de réunir 14 plages sur un double compact disc, épinglant quatorze titres issus de la discographie du Californien, dont cinq extraits du dernier LP "I want it all back", et trois, du tout premier, "Gotta mind to travel", paru en 1994.
Le concert a été immortalisé au Triple Door de Seattle, en août 2013. Il s’ouvre par "Got a mind to travel", une plage au cours de laquelle les interventions dispensées à la guitare sont tellement proches de celle du Master of the Telecaster, Albert Collins. Le premier envol est cependant accordé par Leeper, à l’orgue. "Hey Senorita" est un hit décroché par un combo doo-wop, baptisé The Penguins. Et il remonte à 1954. La touche latino-américaine contamine cette cover, une piste qui permet aux deux solistes de tirer leur épingle du jeu. De superbes cordes introduisent "Too much water", une excellente ballade au cours de laquelle le chant naturellement puissant de Coco se détache de l'ensemble. Ce qui ne l’empêche pas d’injecter toute sa sensibilité dans un des meilleurs soli du concert! La reprise du "The one who really loves you" de Smokey Robinson met également en exergue la voix de Coco. Elle nous transporte dans l’univers northern soul de Motown. Il marche de nouveau sur les traces d’Albert Collins lorsqu’il aborde "Love jail". Ivre de bonheur, il est comme un poisson dans l'eau. Les plages s'allongent. A l’instar de "Don't go makin' plans", une piste R&B funky qui s’étale sur plus de 11'. Le premier disque s’achève par "I wish I could be that", une belle opportunité pour les deux solistes de briller sur leurs instruments respectifs !
La seconde plaque s’ouvre par un blues pur et dur. En l’occurrence le "Fanny Mae" de Buster Brown. Caractérisée par cette trame plutôt simple, mais répétée à l’infini, cette compo avait décroché un n°1 au top R&B en 1960. Roots R&B bien nerveux,"I love your love in my life" permet à nouveau au band de se lancer dans de longues chevauchées instrumentales. "Good days, bad days" est un titre issu de la plume de Gary Nicholson. Un blues lent. Enfin ! Mélodique, cool, il baigne dans un style proche d’un Eric Clapton contemporain. Une piste qui s’étale sur plus d’un quart d'heure. La longueur de la plage aurait pu s’avérer un handicap, mais vu la constance dans l’esthétisme et la sensibilité, on finit par y succomber. "I want it all back" est une autre compo issue de la plume de David R Steen, un ami fidèle à Coco, qui lui apporte son concours à l'écriture. La mélodie est exquise. Les accords de gratte son raffinés. Tous les musiciens reprennent en chœur le refrain. Le concert s’achève par trois morceaux signés par Henry ‘Coco’ Montoya. D’abord le très soul "I won't beg" et le plus blues "You'd think I'd know better by you", une piste balisée par le piano de Leeper. Enfin "My side of the fence", un blues nerveux, susceptible pour la dernière fois de ressusciter Collins. Et pour que votre info soit complète sachez que la production et le mixage ont été assurés par Jim Gaines. Un album de bonne facture, même si un seul cd aurait largement suffi…

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