Né à Lens, Vincent Bucher est un harmoniciste de blues. Il est âgé de 52 ans. Au cours de sa carrière, il a toujours privilégié les collaborations. Et notamment auprès de Charlélie Couture ; mais également de musiciens africains, comme le Malgache Tao Ravao ou le Malien Lobi Traoré. Il reconnaît pour première influence, Sugar Blue. Il a produit les deux derniers elpees de Matthew Skoller, un harmoniciste blanc dont il est devenu l’ami. Son dernier opus remonte à 2013. Il s’intitule "Vazo". Lors des sessions d’enregistrement, il avait reçu le concours d’un des ses potes, qu’il fréquente depuis plus de 30 ans ; en l’occurrence le multi-instrumentiste malgache, Tao.
"Cheers & Handshakes" évolue sur un tempo soutenu. Pas très puissante, la voix de Vincent est souple. Il nous réserve rapidement une belle sortie sur son harmonica, avant de céder le relais à la guitare de Jérémie Tepper. Sur sa musique à bouche, Vincent dispense des tonalités très personnelles et profondes. Il le démontre sur "The other way around", une piste aux accents country. Mais également sur "Hometown". Une superbe compo qu’il chante d’un timbre empreint d’une grande sensibilité. Il privilégie les plages qui conjuguent simplicité et douceur. A l’instar de "Spare time", une ballade plutôt folk, malgré les interventions de l’orgue ‘vintage’ dispensées par Slim Batteux. Ou du plus intimiste "I'm gone", une plage à la fois belle et dépouillée. Bucher laisse libre cours à son inspiration tout au long de "The 14th jump", un titre au cours duquel il étale toute sa technique. Parfois on ressent également ses influences africaines et caribéennes, dans ses compos. A l’instar d’"I'm buying time", dynamisé par les percussions exotiques de Danny Montgomery et parcouru par le dobro de Tepper. Ou lors du titre final, le bouleversant "Once in a while". Blues boogie, "Don't leave the table" est imprimé sur un tempo nerveux. Un réveil bien tardif ! Avant que l’opus ne replonge dans un climat exotique…

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