Responsable d’un superbe album en 2004 (“If we can´t trust the doctors”), Blanche a failli splitter. En cause, l’emploi du temps du chanteur, Dan Miller, davantage préoccupé par ses aventures au cinéma que par la musique. Il avait ainsi, notamment, joué le rôle du bassiste de Johnny Cash, dans le film « Walk the line », consacré à feu ce king de la country. Finalement, tout semble rentré dans l’ordre, puisque la formation de Detroit vient de sortir son deuxième opus. Un disque qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du premier, malgré la production confiée à Mark Nevens (Lambchop, Will Oldham) et David Feeny (le joueur de pedal steel du groupe). Une forme de country gothique, mais surtout sudiste, qui doit autant à Johnny Cash (of course !), 16th Horsepower que The Handsome Family. Surtout que si les lyrics ne manquent pas d’humour, ils traitent prioritairement de l’amour, de la foi et de la rédemption. Et sous la forme de contes autant sinistres que visionnaires. Parfois, on a quand même l’impression que la musique est hantée par le Wall of Voodoo ; notamment lorsque la voix de Dan épouse les inflexions nasillardes de Stan Ridgway. A moins que ce ne soit par Lee Hazlewood et Nancy Sinatra quand les époux Dan et Tracee Miller conjuguent leur duo sous la forme de questions/réponses. Pour enregistrer « Little amber bottles », Blanche à reçu le concours d’Isobel Campbell. Elle meurtrit de son violoncelle le ténébreux « No matter where you go… ». Et puis Little Jack des Raconteurs (et de Greenhorns). Il se charge même des vocaux et du banjo, tout au long de « O death, where is thy sting », une compo manifestement interprétée dans l’esprit de Gram Parsons.
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