James Day est né à Valdosta, en Georgie, dans une famille de militaires. Ce qui explique pourquoi il n’a jamais vécu longtemps au même endroit, au cours de sa jeunesse. Quand la tribu revient à Biloxi, dans le Mississippi, James apprend à jouer de la guitare et prend goût au blues ainsi qu’à la roots music. Il passe quelques années à la Nouvelle-Orléans avant que l'amour ne le fixe à Philadelphie. Il y monte James Day & the Fish Fry en 2003. La musique de ce band propose alors un mélange de jump blues et de R&B néo-orléanesque. Ce combo publie un premier elpee, "Blues latitudes". A cette époque, Jamies se perfectionne à l'harmonica, à l’écoute de ses maîtres, Little Walter et Sonny Boy Williamson, puis de pointures davantage contemporaines, comme Kim Wilson et Rick Estrin. En 2009, il enregistre un excellent opus, "Firecracker'", sous la houlette de James Harman. Lors des sessions, il reçoit le concours de la crème des musiciens californiens jump, Nathan James, Carl Sonny Leyland, Johnny Viau et Marty Dodson.
"Southland" est une célébration de la musique du Sud des States, et principalement la Gulf Coast. Pour parvenir à son objectif, James a fait appel à son backing group, Fish Fry ; soit le guitariste Mark Shewchuk, le claviériste/accordéoniste Ron Baldwin, le drummer John Merigliano et le bassiste Michael Massimino. Mais également de nombreux invités. La prise de son a été réalisée au studio Widget, près de Philadelphie. Les quatorze plages et la production sont signées par Day.
Southern boogie imprimé sur un tempo ‘rollingstonien’, "Chain of pain" est une superbe entrée en matière. Chuck joue de la guitare essentiellement en mode rythmique. James se consacre à la slide. Les interventions au piano sont syncopées. "Next new thing" adopte un profil proche du West Coast jump. Un morceau très rythmé au cours duquel Ronnie siège derrière l'orgue Hammond, James souffle comme un forcené dans son harmonica chromatique, alors que Greg Snyder décolle sur sa guitare bop toute en swing. Excellent ! "Muscadine wine" nous entraîne au cœur des swamps. L'orgue Hammond s’impose. Mr Day double à l'harmonica et à la cigar box guitare et Carl Crabtree est préposé au saxophone baryton. "Time & Money" met le cap plein Sud. La plage baigne dans une atmosphère très Jimmy Reed. Redoutable souffleur californien, Mark Hummel se consacre à l’harmo alors que pas moins de cinq guitares justifient leur participation. Le Fish Fry nous embarque alors dans le jazz manouche en abordant "Nat'chel man", un titre balayé par la mandoline de Rich Delgrosso, le violon cajun de Bill Nixon et la clarinette de Walter Bechtold. Guitare, piano et harmonica entretiennent un swing tout au long de "Fish fry jump". Nous sommes retournés dans les bayous. Caractérisé par ses cordes acoustiques, sa mandoline, son harmonica et ses diverses percussions, "Country woman" revient aux racines. Propice à la fête, "One step des Chameaux" invite à la danse. Une plage qui baigne dans le cajun au son du violon, de l’harmonica et des percus. On se croirait chez Auntie Sue au Fred's Lounge de Mamou ! Blues d’une grande pureté, "Weather blues" nous plonge dans l’atmosphère du Delta du Mississippi. Les interventions à l’harmo de Mark Hummel son belles à pleurer, des larmes qui coulent également des accords dispensés par la National Reso-Phonic de Delgrosso, alors que Greg tente de les sécher à l’aide de son piano juke joint. "Zydeco Boogaloo" est une autre incitation à la danse, un morceau caractérisé par le recours à un frottoir, la présence de congas et bien sûr de l'accordéon à Ron Baldwin. Lors du carnaval, tous les street bands fréquentent la Nouvelle Orléans. "Festival time" en est une belle illustration, un titre qui bénéficie de la participation des Wild Bohemian Horns, dont le line up se partage clarinette, trombones, saxophones, banjo et accordéon. Irrésistible! La musique à bouche est insatiable tout au long de "Money smarts & charms", une piste rythmée par le piano honky tonk et balayée par la Telecaster de Mark Shewchuk. Et c’est le titre maître qui clôt l’opus. L’harmo de Mark Hummel ainsi que les voix féminines de Keli Vale et Alisa B. Anderson y préservent un climat, ma foi, très serein…

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