En 2010, un an seulement après sa formation, Surfer Blood publie son premier album, « Astro Coast ». A ce moment, on imagine que le futur lui appartient. Il fait d’ailleurs le buzz. Ainsi, Pitchfork sélectionne plusieurs de ses compos pour figurer parmi les meilleures de l’année. Il se produit dans tous les plus grands festivals américains et est même invité par les Pixies pour assurer le supporting act de leur périple baptisé ‘Doolitle tour’. Et dans la foulée, il signe chez Warner Music. Tous les signaux sont alors au vert…
Malheureusement, dès 2012, les événements se bousculent. Le chanteur/guitariste John Paul Pitts (NDR : c’est également un des fondateurs de la formation) est accusé de coups et blessures sur sa compagne. S’il n’est pas inculpé, cette aventure donne un coup de frein à la sortie du deuxième elpee, « Pythons ». D’ailleurs, le band est prié de se chercher un nouveau label. Mais les soucis ne s’arrêtent pas en si mauvais chemin. Alors qu’il trouve refuge chez Joyful Noise (Half Japanese, Joan Arc, Lou Barlow, Why ?, …) et annonce la publication d’un troisième LP, la faculté diagnostique une forme de cancer rare chez Thomas Fekete, le second gratteur. Les autres musicos lancent alors une plateforme afin de récolter des fonds pour financer les interventions chirurgicales…
« 1000 Palms » constitue donc le quatrième long playing du combo de West Palm Beach. Les morceaux ont été enregistrés dans la chambre du drummer, Tyler Schwartz et le mixing a été confié à Rob Schnapf (Elliott Smith, Beck, …)
Pourtant, malgré les conditions d’enregistrement, le résultat est paradoxalement lustré. Trop lisse diront sans doute les mauvaises langues. Bref, quoique s’inscrivant dans un même style que les opus précédents, l’expression sonore a perdu de sa spontanéité. Pourtant, les harmonies vocales sont toujours aussi luxuriantes et les riffs de grattes limpides. Malheureusement, les interventions de synthé édulcorent toutes ces bonnes dispositions. Quoique efficace, le sens mélodique est un peu mièvre, ne montrant que trop rarement les dents. Parfois on pense à Weezer ou The Shins, mais en moins convaincant.
Bref, si « 1000 Palms » demeure agréable à l’écoute, il risque fort de passer inaperçu. Malgré des mélodies sympathiques on attend vainement l’étincelle ! En outre, l’existence du groupe commence tout doucement à être remise en question. Ainsi, récemment, le bassiste a quitté le navire…

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