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Right place, right time

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Issu de Boston, Monster Mike Welch est un guitariste un hyper doué. Depuis son plus jeune âge, il sillonne les circuits de blues. Il milite chez The Bluetones, le solide backing group du chanteur/harmoniciste Sugar Ray Norcia.

Mike Ledbetter nous vient de Chicago, un endroit idéal pour pratiquer le blues. Il milite au sein d’une formation locale, le Nick Moss Band, comme gratteur rythmique.

"Cry for me baby" ouvre la plaque. Sculptée dans le Chicago blues cette compo enlevée figurait au répertoire d'Elmore James. Légèrement nasillarde, la voix de Ledbetter est surprenante. Insatiable, la six cordes la talonne, alors que les interventions au piano d'Anthony Geraci (Sugar Ray Bluetones) tapissent l’ensemble. L'intro d’"I can't please you" sert de rampe de lancement à un r&b cuivré, au cours duquel les cordes de Welch atteignent une nouvelle fois les sommets. Chicago shuffle, "Kay Marie" est une plage entraînante. Les notes dispensées par Anthony Geraci, aux ivoires, sont à la fois belles à pleurer mais aussi hantées par son maître, le regretté Pinetop Perkins. Du blues 5 étoiles ! La performance vocale n'est pas banale tout au long du "I can't stop baby" de Willie Dixon, un titre popularisé par un des leaders du Chicago Westside, Otis Rush. Welch démontre une nouvelle fois sa parfaite assimilation du style, alors que les saxophones de Sax Gordon et de Doug James colorent l’expression sonore. Le "How long can this go on?" de Junior Parker est imprimé sur un tempo vivace, proche du boogie. Mike Welch et Laura Chavez (NDR : c’était la soliste du backing group de la regrettée Candye Kane) se partagent les envols de cordes. Constituée de l’ex-Fabulous Thunderbirds Ronnie James Weber (NDR: impliqué aujourd’hui chez Rick Estrin & The Nightcats) et Marty Richards (Duke Robillard Band), la section rythmique est d'une solidité à toute épreuve. Ledbetter signe "Big Mama" et "Can't sit down", deux excellentes plages, au cours desquelles Geraci se sublime aux ivoires. Blues lent, "I'm gonna move to another country" est issu de la plume de Welch, un classique enflammé par la voix de Ledbetter qui flirte avec les aigus. Monster peut tout se permettre sur ses cordes tant il a assimilé toutes les ficelles du style ! Le "Cryin' won't help you" de Tampa Red et le "Goodbye baby" d'Elmore James sont deux excellentes reprises. La première nous plonge dans le Westside ; et elle de nouveau est si proche de l’univers d'Otis Rush. La seconde nous entraîne au cœur du downhome blues, une piste qui se distingue par sa slide chargée de feeling. Un des sommets de cet opus ! Caractérisée par ses échanges entre Mike et Laura Chavez, "Brewster Avenue Bump" clôt cet elpee, une piste instrumentale signée Welch, mais abordée dans l’esprit de Freddie King. Manifestement, "Right place, right time" constitue un des meilleurs albums de l’année !

 

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