Du trip-hop de « Londonium » (1996) à la tentative plus pop de « Take my head » (1999), de l’exercice réussi de la BO de « Michel Vaillant » (2003) à la nervosité rock de « Noise » (2004), Archive expérimente, avec plus ou moins de brio, divers univers musicaux. La pochette du nouvel album, « Lights », annonce une certaine évolution, mais n’allons pas trop vite en besogne. Si le chanteur Craig Walker, l’irremplaçable remplacé, n’est plus de la partie, c’est désormais Pollard Berrier qui prête une voix plus maîtrisée aux compositions de Darius Keeler et Danny Griffiths. Le groupe originaire de South London semble avoir trouvé la formule : un accord répété poussant l’entêtement, dans les meilleurs cas, à un certain psychédélisme (« Sane », « System »). Plus souvent, dans le pire des cas, l’absence d’évolution provoque chez l’auditeur une certaine frustration, pour ne pas dire une lassitude. C’est d’autant plus regrettable que des morceaux tels que « Programmed » ou « Sit back down » pourraient décoller et atteindre des sommets que seul « Headlights » frôle ici. Il est fort à parier que le titre éponyme à l’album, du haut de ses dix-huit minutes bien tapées, sera vite comparé au coup de maître de « Again ». Mais malgré la voix envoûtante de Pollard, la magie n’opère pas. Restent alors quelques ballades agréables pour oublier la déception : « I will fade » interprété par une Maria Q empreinte de mélancolie et « Taste of blood » qui apparaît comme la lumière au bout d’un coma qui s’achèvera brutalement.
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