A présent, tout le monde le sait : Lily Allen est la nouvelle sensation en Grande-Bretagne. Ayant réussi à s’imposer simplement (via sa page Myspace.com), la jeune fille joue d’ores et déjà dans la cour des grands. Agacée par leur prétention, elle n’aura d’ailleurs pas perdu de temps à déclarer la guerre aux Dirty Pretty Things - Carl Barat plus précisément - et The Kooks ("You're not Jim Fucking Morrison" s'exclame-t-elle à leur encontre). Cette guerre, elle la déclare également à la délinquance, aux drogues, à l’économie, aux pétasses hypocrites et aux gros lourdingues. Armée de poésie et d’une ironie incisive, Lily Allen propose un cocktail pop véritablement détonant, à des années lumières des productions ‘Stock, Aitken & Watermaniennes’ auxquelles on pensait, à priori, devoir faire face en glissant « Alright, Still » dans la platine. Sans pour autant être révolutionnaire, ce premier essai s’avère être une bonne surprise. A consommer à petites doses, cependant. Car si cette petite Londonienne de 21 ans peut faire preuve d’une verve joyeusement tranchante (« Smile », « Knock ‘em Out », « Friend Of Mine »), elle peut aussi baisser sa garde et se perdre dans des bouffonneries surproduites (« Shame For You », « Take What You Take »). Ce bémol mis à part, « Alright, Still » est gorgé de bombes radiophoniques : un « Friday Night » à la Specials, des « LDN » et « Not Big » qui sont à la demoiselle ce que « The Tide Is High » est à Blondie et, surtout, un obsédant « Everything’s Just Wonderful ». Lily Allen donne ainsi le départ à une pop nouvelle génération. Une pop mature caractérisée par des textes ayant un véritable sens. Nos tympans ne peuvent que l’en remercier.
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