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Amsterdam Live concerts 1953

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William Lee Broonzy serait né en 1901. A Scott, dans le Mississippi. D'autres sources situent sa naissance en 1893, voire en 1898 ; ce qui est plus vraisemblable s'il a effectivement participé à la première guerre mondiale. Sa famille s'établit en 1903 dans l'Arkansas. Au cours de sa jeunesse, Willie apprend d’abord le violon, puis la guitare. En 1920, à l’instar de nombreux de ses contemporains, il émigre à Chicago. Ses premiers enregistrements remontent à 1927. Accomplie entre 1927 à 1951, toute son œuvre a été colligée sur une série de douze CDs, un recueil paru sur le label Document. Big Bill fut un des premiers bluesmen à traverser l'Atlantique et à se produire en Europe. En juillet 1951, son périple passe par l’Allemagne, la France et l’Angleterre. L'année suivante, il revient sur le Vieux Continent et joue en Belgique et aux Pays-Bas. Il est alors régulièrement accompagné du pianiste Blind John Davis. Il revient encore fin 1955, 1956 et en 57. Mais en juillet de la même année, il rentre à Chicago pour subir une opération des cordes vocales. Atteint d’un cancer, il s'éteint le 15 août.

Les enregistrements réunis sur cet opus, sont issus de bandes originales de sets immortalisés à Amsterdam, en février 1953. Une tournée organisée par l'Amsterdam Jazz Society. Ces bandes traînaient depuis belle lurette dans un tiroir poussiéreux, lorsque le label Munich a pris l’excellente initiative de les extraire de leur anonymat. Et le résultat est très surprenant pour des enregistrements ‘live’ issus de cette époque. Le son est d'une clarté prodigieuse. On jurerait presque être en présence de Big Bill Broonzy. Dans la même pièce. Le plus intéressant procède du dialogue ou plus exactement de la présentation opérée par Big Bill de son répertoire. Ce qui transforme cet opus en témoignage unique. L'artiste est seul avec sa voix et sa guitare. Il nous accorde près de deux heures de spectacle ; un spectacle partagé entre ses propres compositions, des chansons traditionnelles et quelques reprises. Il est indispensable d’écouter les deux CDs dans leur ensemble.

Cette œuvre est incontestablement marquée par quelques moments plus intenses ; à l’instar du "When the sun goes down" de Leroy Carr, du traditionnel "Down by the riverside", de "Mindin' my own business", une compo au cours de laquelle une émotion extrême émane de son chant plaintif et du superbe "Just a dream". Tout au long de cette cover, souvent reprise par d’autres artistes, sa voix y est vraiment saisissante. Pour le second disque, nous retrouvons Broonzy deux jours plus tard ; c’est à dire le 28 février, toujours à Amsterdam. "John Henry" est enrichi par la complexité de son jeu sur les cordes. Pour exprimer ses sentiments, il met bien en relief sa voix sur le "Backwater blues" de Bessie Smith. Son interprétation de "Kansas city blues" n'a pas pris une ride. Au bord des larmes, la gorge serrée par l’émotion, il chante le "Trouble in mind" de Curtis Jones. Et il remet le couvert pour "Louise, Louise Blues". Il adapte également le traditionnel notoire "The midnight special" et le "Good night Irene" de Leadbetter. Après la guerre, Big Bill était surtout réputé pour son style urbain électrifié, chicagolais ; mais lorsqu'il atterrissait sur le Vieux Continent, il changeait radicalement de style. Broonzy en revenait alors au folk blues, celui de son âge d'or des années 30, lorsqu'il chantait en solitaire flanqué d’une guitare acoustique. Proficiat à Munich pour le soin accordé au digipack de ce disque. Cartonné, ce double cd est enrichi de notes fort intéressantes et de remarquables photographies.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Big Bill Broonzy
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Munich
  • Date: 2006-06-27
  • Rating: 0
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