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Bastardos

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Blues Traveler est un jam band qui évolue au sein d’un créneau particulièrement dynamique depuis une quinzaine d'années. Il n’a, bien sûr, pas inventé le style ; la paternité revenant au Grateful Dead, il y a déjà plus de quatre décennies. Et parmi les jam bands de référence, on pourrait également citer Allman Brothers Band, dont la notoriété et la longévité n’est plus à démontrer. Comme son nom ne l'indique pas, Blues Traveler n'est pas un blues band ; même si d'évidence le blues n'en est pas absent. Le groupe s'est formé à Princeton, dans le New Jersey, en 1983. Cette formation compte déjà plusieurs elpees à son actif, dont "Blues Traveler" paru en 90, "Travelers & thieves" en 91 et "Save his soul" en 92. Commis en 1994, "Four" rencontre un succès considérable. Un engouement qui va les décider à immortaliser un double live : "Live from the Fall", en 1996. Et l’année suivante, ils gravent "Straight on till morning". "Bastardos" constitue le huitième album studio. Au sein de B.T. sévit un harmoniciste fabuleux, unique en son genre : John Popper. Il est épaulé par le guitariste expérimenté Chandler "Chan" Kinchila et le drummer Brendan Hill tient. Pourtant, c’est à cette époque que le combo décide de faire un break. En 1999, le bassiste originel (Bobby Sheehan) disparaît. Mais le quartet se mue en quintet, le line up s’enrichissant du bassiste Tad Kinchila, le frère de Chan, et du claviériste Ben Wilson. Sous cette formule, B.T. a concocté deux elpees : "Bridge" en 2001 et "Truth be told" en 2003. "Bastardos" est un opus très élaboré tout au long duquel les musiciens ont appris à se discipliner.

L'initiation au voyage débute par "You can't stop thinking about me". Aucune trace de blues ici. Un périple quelque peu psychédélique opérant un travail sur les voix tout en libérant la guitare aérienne de Chan. En outre, les claviers confèrent un aspect grandiose à cette plage. Cette expérience se poursuit tout au long d’"Amber awaits". Le son est chiadé. John sort l'harmo de sa poche. Mais son intervention est trop brève. Un puissant riff rythmique introduit "After what". La ligne mélodique est stable. La voix de John est excellente, mais la musique est complexe. L’œuvre est tellement homogène qu’on éprouve de grosses difficultés à discerner les différentes plages, lors de la première écoute. Popper opère quelques sorties savoureuses sur son harmonica. A l’instar de "Can't win true love". Mais ces instants de bonheur s’avèrent de trop courte durée. "Bastardos" est un opus au cours duquel les chansons prennent le pas sur l’instrumentation. Une plaque qui recèle encore deux ballades empreintes de douceur ("Leaning in" et "She isn't mine") et le très puissant "Rubberneck". Quoique solide, Blues Traveler n’a pas sculpté son "Bastardos!" dans le blues, mais dans le blues roots.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Blues Traveler
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Vanguard / Munich
  • Date: 2006-04-11
  • Rating: 0
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