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The Letting Go

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Après la parenthèse country-rock « Superwolf » (feat. Matt Sweeney), la compile de covers avec Tortoise, le live et le « self-tribute » album concocté en l’honneur de son ex-groupe Palace, Will Oldham revient enfin aux choses sérieuses, trois ans après « Master and Everyone ». D’entrée de jeu, « Love Come To Me » donne le ton : délicat, pacifié, d’une pureté qui d’abord étonne, puis séduit. Rarement dans le passé avait-on pu entendre Will Oldham chanter d’une voix si veloutée, sur un folk qui évoque cette fois davantage le « Pink Moon » de Nick Drake que la lo-fi souffreteuse dont il était l’apôtre dans les années 90. Si Will Oldham semble réconcilié avec le genre humain, c’est sans doute parce qu’il connaît les ténèbres, pour les avoir vues (« I See A Darkness », disque hanté). Aujourd’hui il chante comme s’il était en paix, avec lui-même et son prochain. Enregistré en Islande sous l'égide de Valgeir Sigurdsson (un disciple de Björk), « The Letting Go » pourrait bien être l’album le plus consensuel de Bonnie ‘Prince’ Billy, autrement dit le plus accessible. D’abord parce qu’il est plein de cordes (c’est beau, ça rassure), ensuite parce qu’il y a une femme à ses côtés. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de Dawn McCarthy des Faun Fables, duo acid folk coincé dans le trip Appalaches, tendance « American Anthology of Folk Music » de Harry Smith. En renfort vocal, elle accompagne Oldham sur chaque titre, ou presque : ça donne un drôle de couple au poil rebelle, à la psyché country un tantinet carte postale (« The Seedling », pénible). Il n’empêche que le duo fonctionne, et qu’on se prend au jeu. « The Letting Go » sonne ainsi comme l’album le plus romantique de Bonnie ‘Prince’ Billie. A condition d’aimer les sérénades à deux (NDR : et Faun Fables). C’est James Blunt qui va être content !

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