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Peter Frampton s’est rendu célèbre en écoulant plus de 16 millions d’exemplaires de "Frampton comes alive", un double elpee paru en 1976 ! Un ‘live’ enregistré au Winterland Ballroom de San Francisco. Aujourd’hui encore, certaines plages n'ont pas pris une ride. Et je pense tout particulièrement à "Show me the way" ou encore "Do you feel like we do", au cours desquelles il utilise la fameuse talkbox (NDR : un boîtier électronique particulier qui donne à sa voix et à la guitare une sonorité synthétique). Bel homme au sourire généreux, ce guitariste anglais s’est tout d’abord illustré au sein d’un goupe pop : the Herd. Née au cœur des 60’s, cette formation a décroché quelques succès d'estime, sous la forme de 45 tours. A l’instar de "From the underworld". En 1969, il fonde un des tous premiers super-groupes, Humble Pie, au sein duquel sévira l'extraordinaire chanteur/guitariste des Small Faces, Steve Marriott. Peter y militera le temps de cinq albums dont le remarquable (NDR : déjà !) double "Rockin' the Fillmore". Nonobstant le succès important rencontré par cette œuvre, il entame une carrière solo. Une carrière émaillée par la sortie de plusieurs opus ; mais dont le succès commercial, hormis le phénoménal "Frampton comes alive", ne lui sourira plus guère…

Agé aujourd’hui de 56 balais, Frampton nous revient pour un opus instrumental. Le disque s’ouvre sur un ton dynamique. La batterie marque un tempo solide et implacable. L’orgue lui emboîte le pas. Alerte, la guitare est suivie à la trace par le saxophone de Courtney Pine, un jazzman anglais notoire. Les percussions demeurent un élément moteur tout au long d’"Ida Y Vuelta", une plage parfumée d'exotisme hispanique. Peter y joue de la guitare acoustique avec un feeling digne de Paco de Lucia. Un parfum qu’on retrouve en fin d’opus, sur "Oh when", nonobstant une orientation davantage jazzyfiante. La cover du "Black hole sun" de Soundgarden est déjà le sommet de l’elpee. Une aventure radicalement différente mais très réussie. Une expérience fort intéressante aussi qu’il a opérée en compagnie de Matt Cameron et Mike McCready de Pearl Jam. Le tempo est lent. Les climats sont instables. Les cordes tour à tour sereines, accablantes ou tourmentées. Elles se croisent, s’entrecroisent, se superposent dans un bel ensemble, mais avec une puissance et une effervescence étonnantes. Une réussite incontestable ! Légèrement bluesy et empreinte de douceur, "Float" est une ballade à la très jolie mélodie. Les guitares s’y dédoublent dans un élan de lyrisme esthétique. Guitariste de studio, dont la carte de visite mentionne des collaborations auprès d’Elvis Presley, de Roy Orbison et de Bob Dylan, Gordon Kennedy y apporte son concours. Cette grâce et cette délicatesse contaminent également "My cup of tea", une compo mêlant harmonieusement cordes acoustiques et électriques. Chirurgien des cordes, Hank Marvin est ici épaulé par Brian Bennett, son acolyte chez les Shadows, bien sûr! Comme son titre l’indique, "Blooze" est une jam blues. Une partie réservée pour deux guitares au cours de laquelle Warren Haynes est convié. Impliqué chez Allman Brothers Band et Govt Mule, il est considéré comme un des gratteurs les plus prolifiques du southern rock blues. Un gage de qualité manifeste! Peter n’abandonne pas les douze mesures pour attaquer "Cornerstones". Il y est épaulé par de véritables légendes vivantes. Et pour cause, il s’agit de l'inoubliable section rythmique de la grande époque des Rolling Stones : Charlie Watts et Bill Wyman. Peter a d'ailleurs régulièrement joué chez les Rhythm Kings de Wyman. Thème pour guitares en rythmes, "Double nickels" évolue dans un registre assez proche de ce que peuvent proposer les groupes sudistes ; avec plus de délicatesse et de sagesse. Légèrement country, le résultat est savoureux. Paul Franklin s’y réserve la pedal steel. "Smoky" marque un retour au blues. Mais un blues inspiré par le jazz, très fin de soirée. Peter y étale toute la subtilité de son doigté. De très bonne facture, cet opus s’achève par la ballade aux accents gypsy, "Souvenirs de nos pères". Frampton y opère un échange de cordes en compagnie d’un spécialiste du genre, John Jorgenson (des Hellcasters), dans un style qui nous rappelle l'inoubliable Django Reinhardt.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Peter Frampton
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Steamhammer / SPV
  • Date: 2006-09-26
  • Rating: 0
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