Après avoir concocté deux opus pour le compte du label anglais Touch (« Englabörn » en 2002 et « Virthulegu Forsetar » en 2004), l’Islandais Johann Johannsson ose l’album concept : une histoire d’intelligence artificielle, d’ordinateur capable de jouer de la musique sans soutien extérieur, bref de machine et d’âme, à la « 2001 », avec à la place de HAL l’IBM 1401, l’un des premiers ordinateurs importés en Islande, dans les années soixante. A l’époque l’ingénieur chargé de sa maintenance s’appelait Johann Gunnarsson… le père de Johann Johannsson. C’est lui qui se rendit compte du potentiel musical de l’IBM 1401, avant qu’il ne devienne obsolète et soit détruit en 1971. En hommage à son père et à son travail de technicien mélomane, Johannsson s’est donc amusé à juxtaposer réminiscences électroniques de l’IBM 1401 et strates orchestrales qui rappellent Gorecki et Gavin Bryars. Le résultat sonne comme une longue pièce mélancolique qui laisse rêveur, malgré les interférences désuètes d’une voix digitale supposée d’un autre âge (« Printer », « The Sun’s Gone Dim And The Sky’s Turned Black »). Ballet mécanique aux confins de la musique contemporaine et de l’ambient électronique, ce ‘manuel de l’utilisateur’ est à manier prudemment. S’il évoque la fameuse thématique de l’ordinateur capable de réfléchir sans l’aide de l’être humain, il n’en reste pas moins un disque composé par l’homme, pour l’homme. 2006, odyssée de l’espace RAM ? Un petit back up et la vie continue !

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