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Jackie Payne est originaire de Georgie. Il s’est converti au blues il y a bien longtemps. Lorsqu’il vivait à Houston. Aujourd’hui il compte déjà plus de 40 années d'expérience au sein de l’univers musical. Il a chanté pendant 15 ans au sein du Johnny Otis Revue. Il a notamment accompagné T-Bone Walker, Pee Wee Crayton, Lowell Fulsom et quelques autres. Steve Edmonson est un guitariste qui compte également une longue carrière derrière lui. Il a ainsi apporté son concours aux cordes pour James Cotton Syl Johnson et Luthrer Ticker. Ces deux comparses s'étaient retrouvés chez les Dynatones, à San Francisco, avant de décider de faire route ensemble. Un premier elpee, "Partners in the blues", était paru en 2003 sur le label Burnside. Le backing band bénéficie d’une solide section rythmique, dont Nick Otis, le fils de Johnny. Mais aussi des Sweat Meet Horns, du saxophoniste Green, du trompettiste John Middleton et du claviériste John Thomas.

Le PE Band démarre fort en imprimant un rythme boogie sur "Mean evil woman". La voix riche de Jackie Payne interpelle immédiatement. Soutenu par l’ensemble des cuivres, il se montre très à l’aise sur ce tempo emballé. Le titre maître place définitivement l'ensemble sur orbite. La formation s’y montre déjà au sommet de son art. Un R&B qu'on n'entend plus guère de nos jours. L'orgue Hammond et les cuivres sont bien présents. Edmonson est sur la bonne rampe de lancement. Il en profite pour dispenser un solo très incisif, dans l’esprit de l'Electric Flag de Mike Bloomfield et Barry Goldberg, une formation emblématique de la fin des 60s. "The real deal" entretient ce répertoire musclé. Un blues tout en rythme au cours duquel les musiciens respirent la joie de vivre. John Thomas est passé au piano. Carl Green se révèle impérial sur son saxophone ténor. Payne possède une voix susceptible de s’adapter à tous les rythmes et tous les styles. Plus atmosphérique que celle d'Otis Redding, elle s'adapte facilement au Memphis R&B, coloration Stax, sur la ballade "A fool named me". Signé Steve Cropper et Eddie Floyd, "Just the one" nous remémore de grands moments du passé. Ou plus exactement des mythes. Et en particulier ceux d’Otis, de Wilson Pickett et d’Eddie Floyd. Inspiré par le blues urbain chicagolais des fifties, "Woman in Kansas City" est introduit par un riff saignant cher à Elmore James. Un exercice de style particulièrement réussi. Faut dire que la cohésion manifestée par les musiciens est absolument remarquable. De Chicago, la musique s'enfonce dans le Westside pour épingler "Sweet landlady". Il est vrai que la voix magique, naturellement soul de Jackie Payne est parfaitement adaptée à ce style. Soutenue par les cordes d'Edmonson, cette plage est hantée par l’esprit du légendaire Magic Sam. "Black cat roun' my do" opère un retour dans le R&B de première classe. La machine est parfaitement huilée. La voix est ici au sommet de son art. Un organe également taillé sur mesure pour chanter le blues lent, brûlant, torride. A l’instar de "Wake me up in San Francisco". Plage instrumentale, "Cabranito" est calibrée sous un format proche du BB King band des 60s. Fred Kaplan est installé derrière le piano. Edmonson y étale tout son bio hérité en ligne droite de BB et Clarence Gatemouth Brown. Cet excellent opus de blues et de R&B s’achève par le "I'll take care of you" de Brook Benton, une plage lente, savoureuse, royale même, qui figurait au répertoire du Bobby Blue Bland…

 

 

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