Issu du Michigan, ce vétéran joue de la guitare depuis plus de quarante ans. Pour lui, l’enfer est pavé de bonnes intentions, pourvu qu’il soit saturé de boogie, de hard rock, de blues et de metal. Un style pur et dur auquel ce nouvel opus carbure. Il s’est forgé une réputation en s’inspirant des mythiques Albert, BB et Freddie King, ainsi que Jerry Lee Lewis et Elmore James. En 1974, il émigre à l'Ouest. A Los Angeles, très exactement. Mais ce séjour n’est guère productif ; et après deux ans, il retourne sur ses terres, dans le Nord. En 84, il commet son premier elpee, "Boogie all over your head". Un opus qui ouvre la voie à une production dont les titres en disent long sur le contenu : "Proud to be loud", "Rip it hard" ou encore "The rage called rock'n'roll". Son dernier album remonte à 2002 : "Bad machine".
Dès les premières secondes de "Back to your cages", on se rend compte qu’on est bien dans l’univers sonore de Katon. Son style est direct, agressif, âpre, dur, lourd et efficace : du tout bon Katon, quoi ! Le booklet mentionne que toutes les plages ont été composées et interprétées par Katon. Aucune indication relative à l’un ou l’autre collaborateur. Aurait-il joué à l’homme-orchestre ? La voix de Michael emprunte un timbre grave, caverneux, pour attaquer "On the prowl for a hoochie mama". Ce fragment semble venir d’un autre monde. Un monde impitoyable au sein duquel les riffs de la slide se mêlent à la rythmique de plomb. Et lorsque cette slide passe à l'avant-plan, c’est pour emprunter un profil plus tortueux, gémissant. Le "Diablo boogie" sort tout droit de cet enfer. Une constante : la slide agresse, éclate, vomit et vocifère. La douleur est insupportable ! Blues rock plus classique, "Need it awful bad" est toujours aussi acéré ; mais sans surprise, c’est avant tout un hommage à Jimi Hendrix. Les cordes sont en feu. La débauche se mue en orgie. Impressionnant ! La machine de guerre continue de piétiner tout ce qui ose se manifester sur son passage : "Rock'n'roll man", "Whiskey hill", etc. "In the land of rock'n'roll" permet de souffler quelque peu... Différent, il concède un soupçon de mélodie. Moins coriace, il permet à Katon de démontrer une toute autre facette de son talent. En fait, il cache bien son jeu, car il est capable de se montrer bien plus inventif, en produisant des riffs hypnotiques, aventureux. Ce voyage psychédélique, on l’imagine accompli sur les routes du pays du rock'n'roll à bord de sa Chevy noire ou de sa Ford V8. Superbe ! "Dirty thang" nous remet bien vite le chemin du boogie. Extravertie, sa slide évolue devant les riffs rythmiques bien métalliques. Blues indolent, "Luv a dawg" célèbre une nouvelle rencontre avec le fantôme d’Hendrix, converti aux techniques du 21ème siècle. Démoniaque, cet opus ne pouvait s’achever que par un boogie infernal : "Motor Cycle blues". La section rythmique qui soutient aujourd'hui Michael est composée de Sid Cox à la basse et de Johnny Bee à la batterie (NDR : pour votre information, sachez que Johnny "Bee" Badanjek militait autrefois chez les Detroit Wheels de Mitch Ryder!! Mon Dieu que c'est loin!) Katon est tellement satisfait de cette équipe, qu’il compte réaliser un album ‘live’ lors de sa tournée actuelle, un périple qui passait par le Spirit of 66 de Verviers, ce 6 mars. En outre, il compte éditer un nouvel elpee au cours de l’année 2006. Sur son label Wild Ass. Son titre ? "Diablo boogie : Blues brewed in Hell". Vous êtes prévenus !

Nederlands
Français 
