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A Skin, a Night (Dvd) + The Virginia (EP)

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Les images de « A skin, a night » font doucement ressurgir le passé laborieux des National. Le Vincent Moon des ‘concerts à emporter’, qui n’a jamais dissimulé sa passion pour le groupe, y retrace la lente ascension des New-Yorkais. On y rencontre l’inquiétude d’un premier « Sad songs for dirty lovers » (1999) lâché en pâture à une industrie musicale étrangère et hostile. On ressent le malaise des salles désemplies, le poids des dettes inhérentes à une première autoproduction. On partage leur désarroi face à l’indifférence de la presse, leur anxiété face à un public réticent et un avenir plus qu’incertain. Le tout est livré à travers un défilement d’images peu contrastées qui, surgies de la pénombre, s’imposent puis s’étiolent aussi vite. La caméra est à la main, le cadrage approximatif, la lumière brute, les plans flous, les propos inachevés, les morceaux mille fois ébauchés. Un montage arty qui pourra provoquer quelque frustration pour qui s’impatiente de voir surgir de véritables messages informatifs et linéaires ; mais ce n’est que rarement la finalité des choix filmiques de Vincent Moon. Et, finalement, la poétique mélancolie des National s’accommode assez bien de cette imagerie évanescente. Le film progresse par bribes. Elles sont mises en boucle, fidèles au processus de création musical de « Boxer ». ‘It’s like : Here’s some music. Then everyone’s gonna try different things and it’s always kinda little miracle when something is coming out ot it’ (Matt Berninger). La voix grave des National est éternellement sur ses gardes. ‘It’s a gamble, it’s a risk’. Pourtant, la suite, on la connaît. Boxer est leur meilleure sortie et le groupe écumera les festivals d’été et les meilleures salles de concert.

Après l’abstraction des envolées graphiques, on se plonge aisément dans l’écoute de « The Virginia EP » qui, lui aussi, brasse indistinctement le vieux et l’inédit, le live et le studio, l’incertain et le déjà conquis. Si les faces B et démos manquent peut-être d’inspiration, les prises live et reprises (la magnifique « Mansion on the Hill » de Springsteen) sont troublantes. Et, de toute façon, à elles seules, les premières notes de Fake Empire suffisent à élever instantanément aux nues celui que Bernard Lenoir qualifie, depuis ses débuts, de ‘meilleur groupe du monde’.


 

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: The National
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Beggars Banquet / V2
  • Date: 2008-05-26
  • Rating: 3
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