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Underwater Cinematographer

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Ces jeunes gens de Toronto sont parrainés par les Broken Social Scene, qui ont décidé de les soutenir en sortant leur premier effort sur « Arts & Crafts », leur propre label. Comme les Flaming Lips de la première période, ils affectionnent les titres à rallonge et à l’humour bizarre, du genre ‘the protagonist suddenly realizes what he must do in the middle of downtown traffic’. Les chansons concassées qui habitent cet étrange disque exaspèrent autant qu’elles fascinent. Structurées comme des poupées russes, elles flirtent avec les atmosphères rêveuses et le psychédélisme en général. L’instrumentation est détaillée : une formation rock classique renforcée par une nuée de claviers et des rythmiques électroniques qui évoquent les productions des poulains du label Saddle Creek. La voix de fausset du chanteur (un peu dure à supporter sur tout un disque) est souvent soutenue par les chœurs de ses camarades qui hésitent entre l’exaltation mystique et les beuglements de supporters de foot. Les changements de tons sont la règle. On passe allègrement de paysages sonores rêveurs au punk rock le plus bourrin en passant par le jazz électronique et les guitares folk. L’incroyable « Where cedar nouns and adverb walk » résume bien l’esprit qui a présidé à la création d’ « Underwater cinematographer ». Il commence par une rythmique drum and bass, se noie dans les claviers avant de repartir sur un refrain très pop où les guitares se font de plus en plus ‘noisy’. Brouillon vous dites ? Certes, et le fait que chaque morceau soit enchaîné à l’autre accentue la confusion. Ainsi, si « Underwater Cinematographer » ne compte que 11 plages gravées, on a l’impression d’en avoir entendu 45 à la fin du disque. Plusieurs écoutes seront donc nécessaires pour apprécier pleinement la pop psychédélique de nos amis, qui malgré quelques sacrés passages à vide démontrent assez de talent et d’inventivité pour garder éveillé l’intérêt de l’auditeur.

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