Auteur d’une excellente prestation, accordée lors de la dernière édition du Pukkelpop, Mew a enregistré ce quatrième opus, en 2005. Ce disque vient enfin de bénéficier d’une distribution officielle en Belgique. Ce quatuor danois pratique ce qu’on pourrait appeler de la pop/prog. Pop. A cause des mélodies contagieuses, très contagieuses même (NDR : une fois infiltré dans votre matière grise, le refrain de « The zookeeper’s boy » ne vous lâche plus avant une semaine !) et puis des compositions qui dépassent rarement les 5 minutes (NDR : à deux reprises pour cet opus). Prog parce que la musique est à la fois complexe, atmosphérique et sophistiquée. A la croisée des chemins de Yes, Sigur Ros et Mercury Rev. Faut dire aussi que le chanteur, Jonas Bjerre possède un falsetto angélique, aussi éthéré que celui de Jón Þór Birgisson. Une voix sinusoïdale, parfois diluée dans de superbes harmonies vocales, dont il se sert comme un instrument. Prog encore lorsqu’on sait que la plupart des titres de « And the glass handed kites » s’enchaînent naturellement, comme si c’était un album concept. Une notion de concept accentuée par les lyrics cryptiques, visionnaires. On a ainsi parfois l’impression d’être plongé dans un conte de Grimm. Ou dans un opéra rock. John Mascis (Dinosaur Jr) est venu apporter son concours aux backing vocals sur deux morceaux (« Why are you looking grave ? » et « An enjoy to the open fields »). Etonnante, la symbiose opérée entre le xylophone et les synthés répond à une motivation davantage contemporaine. Mais le plus important est le résultat de ce cocktail. Hormis l’une ou l’autre ballade sans grand intérêt, le deux tiers de l’œuvre valent vraiment le détour. Et je pense tout particulièrement aux plages citées ci-dessus, mais également à l’interstellaire « Apocalypso » ou encore au single « Special ». Et si vous doutez encore de leurs capacités, sachez qu’en 2003, le Danish Music Critics Award Show leur avait décerné les titres d'album et de groupe de l'année…

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