La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Considérés comme les dignes successeurs des Red Devils, depuis la disparition de Lester Butler, les Mama's Boys constituent certainement aujourd’hui le blues band le plus percutant de Los Angeles. Le groupe s'est formé en 1993, dans le plus vieux club de blues de L.A : le ‘Babe's & Ricky's Inn’ ; un club dont la propriétaire, ‘Mama’’ Laura Mae Gross, leur a inspiré le patronyme. Les Mama's Boys ont été fondés par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro. Né dans l'état de New York, cet ancien membre du Max Bangwell Band avoue pour influences majeures Hound Dog Taylor, Sonny Boy Williamson, William Clarke et … Lester Butler. Dave Melton est son fidèle guitariste. Ils font d’ailleurs équipe depuis des lustres. Dans le passé, il a enregistré en compagnie de Robert Lucas et Barry Levenson (NDR : ces deux derniers ont participé à la dernière tournée de Canned Heat). Jeff Henry est préposé à la basse. Issu de Fresno, il est proche des artistes du label local Fedora. Jimmy Goodall se réserve la batterie ; et enfin, pour l’enregistrement de cet opus, Denny Freeman assure la guitare rythmique. Le groupe joue dans un style qui emprunte beaucoup au Southside de Chicago ; et en particulier chez Hound Dog Taylor (NDR : of course !), Elmore James, Little Walter et Junior Wells. Cet elpee a été concocté en une seule prise. Pas d’artifices de studio ! Et cela s'entend ! Tous les précédents opus des Boys ont été chroniqués dans nos colonnes. Celui-ci semble avoir été réalisé en 2004.

L'album noir s’ouvre dans la pure tradition des Mama's Boys. Passé l’introduction à l'harmonica de Mastro, les cordes poisseuses de Melton entrent en scène. La voix nasillarde parcourt "Slave" sur un tempo vif. Dispensant de nombreuses notes, la guitare est bien amplifiée, manifestant un côté démonstratif que ne renierait pas Buddy Guy ! Insatiable, Melton marque des points tout au long de "Loverman". Ses interventions nerveuses sont constantes, mais il les met au service de la collectivité. "Cry for me" nous entraîne dans l'univers de Slim Harpo ; mais inoculé par cette dose de férocité et d'audace qui est la marque des Boys. Déchaînées, les cordes hurlent face à la section rythmique. Lancée sur les rails, la machine s’emballe. Le décor sonore s’enflamme. Soutenue par les six cordes de Freeman, l’infatigable rythmique décolle sur le détonant "Middle of the night". C’est le moment choisi par Mastro pour libérer toute une série de phrases inspirées par Sonny Boy Williamson II. Une intervention qui respecte cependant le code de conduite du maître. L'incendie continue à se propager. Le "Think twice before you go" de John Lee Hooker pousse Mastro au délire. A croire qu’il est possédé par son harmo. Nous empruntons la route qui relie Chicago à Los Angeles. Celle choisie, il y a bien longtemps, par le remarquable Georges Smith, lorsqu’il quitta le Muddy Waters Band pour s'installer en Californie. Signé Champion Jack Dupree, "Can't kick the habit" est un blues lent brûlant. Inspiré par Smith (NDR : à l’instar de Rod Piazza et William Clarke!), Mastro est passé à l'instrument chromatique. Melton ne tient toujours pas en place. Buddy Guy lui murmure à l'oreille des phrases écorchées à vif. Ca c'est du blues! Halluciné par sa musique, Mastro se met à souffler dans les aigus. La machine à rythme s’installe. D’une redoutable efficacité, elle ne fait pas dans la dentelle (NDR : Aaaaah ce Jeff "Slick Daddy" Henry et ses quatre cordes). "Sleeping in the ground" (NDR : un classique issu de la plume de Sam Myers) impressionne par sa simplicité. Melton empoigne son bottleneck pour interpréter "Flat down on my back". Une compo torride au cours de laquelle il joue d’une slide bien métallique, au bord de la fusion. Le son est aussi primaire que celui de Hound Dog Taylor ! Le bassiste black pèse de tout son poids. Il appelle à la rescousse Freeman, pour perpétuer l'esprit de Taylor. La slide se met au service du rythme pour lancer Mastro dans un solo délirant. La température augmente encore de quelques degrés afin de mettre le feu au "Chariot". Le tempo ralentit pour "Done something wrong" ; mais toujours amplifiée au maximum de son volume, la slide évolue à la limite de la saturation. Dans un registre proche d'Elmore James, le porteur de cordes se met à chanter ; mais le son est beaucoup plus sale. Regorgeant de compos implacables, cet elpee s’achève par "Billy Boy" (Arnold?), un excellent exercice de style instrumental. Dans leur style, les Mama's Boys sont devenus de véritables leaders. En ‘live’ leur set embrasse un blues vivant et terriblement efficace. Aujourd'hui, ils se produisent régulièrement au Blue Café de Long Beach, à L.A.

 

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Johnny Mastro
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Gene / Bertus
  • Date: 2006-08-01
  • Rating: 0
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