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Overnight sensation

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« Overnight sensation » est le fruit de la réunion entre le vocaliste Jackie Payne et le guitariste Steve Edmonson. Ils nous y proposent un excellent cocktail de blues, soul et rythm & blues. Jackie s’est longtemps illustré au sein du Johnny Otis Show. Comme chanteur. Edmonson cite volontiers Jimmie Vaughan, Duke Robillard et Ronnie Earl, comme influences majeures. Il a régulièrement soutenu Syl Johnson, James Cotton et Luther Tucker. La section rythmique jouit d’une solide expérience. Le bassiste, Bill Singletary, a côtoyé Jackie et Steve au sein des Dynatones. Le drummer, Nick Otis, n’est autre que le fil de l’illustre Johnny Otis. Le line up est épaulé par les Sweet Meet Horns. En l’occurrence Carl Green aux saxophones et Lech Wierszynski à la trompette.

Jackie et Steve ont opéré leurs débuts discographiques chez Burnside. En 2003. Pour l’elpee "Partners in the blues". Un disque réunissant des reprises d'Albert et de Freddie King, ainsi que de Johnny Copeland, Little Milton et Willie Dixon. Cet opus leur avait permis de décrocher un contrat auprès du label Delta Groove. Et "Masters of the grame", paru en 2006, ouvrait la voie à cette écurie chargée de promesses dans l’univers du funk et du R&B. « Overnight sensation » se consacre essentiellement à des compos signées par le duo. David Z en a assuré la mise en forme. Et puis, parmi les invités, on relève la présence de Gail Deadrick aux claviers, Mitch Kashmer à l'harmonica et Jeff Turmes au sax baryton.

Le titre maître ouvre les hostilités. Une solide plage funky R&B. Le timbre vocal de Payne est ample. Une voix de soul shouter respectant la tradition des meilleurs du genre. Pensez à Wilson Pickett. Edmonson dispense ses notes parcimonieusement, à la manière d'Albert King. Nous ne sommes pas loin des productions immortalisées par le label Stax, à Memphis. "Can I hit it again" glisse vers le pur funk bien rythmique. L'orgue de Deadrick enrichit le décor sonore. Les cuivres sortent de leur réserve : Carl ‘Maestro’ Green sur son sax ténor et Lech à la trompette. Le blues pur est également au menu. Jackie chante magistralement et d’un timbre particulièrement expressif le "Mother in law blues" de Gene Barge. Superbe compo, "Take a chance on me" lorgne vers la quintessence d'Otis Redding. Notre shouter est idéalement appuyé par le piano électrique, les cuivres sobres mais efficaces et des chœurs féminins. Une formule judicieuse reconduite sur "Midnight friend". Le blues du big band est susceptible de s’inspirer du Chicago des fifties. A l’instar d’"I got a mind to go to Chicago". Une plage dont les références oscillent de Muddy Waters à Howlin' Wolf en passant par Buddy Guy. Mitch Kashmar est à l’harmo. Il est dans son fief. Ses interventions sont remarquables. Dans le style, Edmonson se sent comme un poisson dans l’eau. Kashmar participe également au nerveux "No money, no honey", un morceau qui respecte toujours l'axe Chicago Memphis. L’opus continue d’expérimenter les styles. "Uptown woman downtown man" nous plonge dans un univers jazz et swing. La voix de Payne est toujours aussi envoûtante. "Bringin' me right back" baigne au sein d’un climat jazz. Les cuivres s'animent pendant que l'orgue Hammond de Gail tapisse le décor sonore. Signé Jackie Isaac Hayes/David Porter, "Your good thing" est bouleversant d’émotion. Mais le meilleur reste encore à venir. Notamment lors de "Bag full of doorknobs", au cours duquel Edmonson s’autorise une sortie à haut niveau, dans ce registre tant inspiré par Albert King qu'il maîtrise parfaitement! Medley, "She's looking good/I’ve never found a girl" démontre que Payne a parfaitement assimilé le style Stax R&B. On a même parfois l’impression qu’il réincarne Eddie Floyd. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une merveilleuse cover du "I feel like going home" de Charlie Rich. L’émotion est à nouveau à son paroxysme. Jackie Payne chante comme un dieu. L'ombre d'Otis Redding se met à planer. Un frisson nous parcourt l’échine…

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