Alias West, Leslie Weinstein est né en 1945 à Forest Hills, dans l’état de New York. Il y fonde son premier groupe : les Vagrants. Une aventure de courte durée, car dès 1969 il forme Mountain en compagnie du bassiste/producteur Felix Papalardi et du batteur Corky Laing Leslie. Une aventure que le trio américain allait couronner de succès. En pratiquant tout simplement du blues rock. La formation accorde un de ses premiers concerts lors du festival de Woodstock. Rayon discographie, le combo aligne "Mountain climbing" en 1970, "Nantucket sleighride" et "Flowers of evil" l'année suivante, ainsi que "Live Mountain" en 72. Ce sera le chant du cygne, puisque l’ensemble splitte la même année. West et Laing décident alors de reprendre la route en impliquant un Anglais dans le nouveau projet : le très notoire bassiste Jack Bruce ! West, Bruce & Laing immortaliseront 3 albums. En 74, Mountain se reforme brièvement et concocte un elpee : "Avalanche". Depuis, l’histoire de Leslie West est devenue beaucoup plus anecdotique. Ce qui n’a pas empêché son LW Band de graver une multitude d’albums. Et de croire encore aujourd’hui à son étoile. Ainsi il a commis "As Phat as it gets" en 2001, "Blues to die for" en 2003 ainsi que "Guitarded" et "Got blooze" en 2004.
Pour concocter "Blue Me" West a reçu le concours du drummer Aynsley Dunbar (NDR : un vétéran anglais !), de Tim Fahey à la basse, de Kevin Curry à la guitare rythmique, d’Art Groom à l’orgue Hammond et de Brian Mitchell au piano (NDR : ce dernier a côtoyé une multitude de musiciens notoires ; et en particulier BB King, Dr John, Bob Dylan et Allen Tousssaint). Le bon vieux Leslie attaque le "Blues before sunrise" de Leroy Carr. Il emprunte le célèbre riff de slide imaginé par Elmore James. La section rythmique est écrasante. Le piano épouse le rythme. Le résultat n’est pas très subtil, mais très efficace. Et puis ça déménage ! Il embraie ensuite par le "I woke up this morning" de Graham Barnes, en reproduisant toute une série d’accords appréciés par tous les fans de Ten Years After. Pas pour rien qu'Alvin Lee les avait réservés pour son album "SSSSh!". En 1969. Et manifestement, cette plage est la meilleure de l’opus. La machine est bien huilée. Dévastatrice, elle broie tout sur son passage. Et "Four day creep" en est la pus belle démonstration. A l’instar de ses derniers opus, Leslie mange un peu à tous les râteliers. Sans trop de discernement. Parfois ses décisions sont judicieuses. Parfois douteuses. Ses covers du "Hit the road Jack" de Percy Mayfield (NDR : un tube pourtant glorifié en son temps par Ray Charles) et du "Green river" de Creedence Clearwater Revival, au cours duquel il ressemble à un Omar Dykes survitaminé, sont tout à fait dispensables. A contrario, le sommet de l'album est atteint par sa version du "Standing around crying" de Muddy Waters, un slow blues qui libère un maximum d'intensité dramatique. West sait comment conduire son blues. Sa voix est surpuissante. Ses cordes ne demandent qu'à hurler, mais il parvient toujours à les garder sous contrôle. Une performance impressionnante dans le domaine du répertoire lent. A cet instant, on sent qu’il est dans son jus. Que ses quarante années passées sur les grandes scènes internationales, les petits clubs et autres roundhouses, bars ou tripots ont forgé chez cet homme, une expérience hors du commun. Son adaptation du "Sinner's prayer" de Lowell Fulsom évolue en catégorie ‘super lourds’. Pour la circonstance, il a reçu le soutien du notoire Todd Wolfe. Je le préfère cependant dans un autre registre. Et en particulier lorsqu’il aborde le répertoire de Freddie King. D’ailleurs on sent très fort que lors de l’adaptation du vigoureux "Tore down", il prend son pied. Le géant de Forest Hills ne fait pas dans la dentelle. Dans son style de rocker éléphanteque, il n'a pas peur de relever le gant du hard rock. A l’instar du "One thing on my mind" de Samyy Hagar et Montrose! Il s'amuse tellement qu’il n’est pas difficile d’imaginer le West aligner encore une bonne dizaine d'albums du genre dans les années à venir!

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