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The way it goes… Sometimes

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Hokie Joint est une formation née voici un an à peine. Elle nous vient de Colchester dans le sud-est de l’Angleterre. Un très jeune quintet réunissant le chanteur Jojo Burgess, le guitariste Joel Fisk, l’harmoniciste Giles King, le drummer Stephen Gutmore et le bassiste Fergie Fulton. Le combo signe dix des onze titres de ce premier opus, un disque qui baigne dans le blues dynamique, cru, sale et vivifiant. Giles King n’est pas un inconnu, puisqu’il avait participé aux sessions d’enregistrement de l'excellent elpee de Ian Siegal, "Meat & potatoes". Il milite également chez Ligthnin' Willie and the Poorboys.

Le titre maître ouvre l’opus. La slide est lourde et déterminée. Cette plage constitue une belle synthèse de la musique du groupe, dont le style me rappelle parfois la quintessence de ce que proposait naguère El Fish. Surtout dans la manière de souffler de Giles. Imprimé sur un rythme plutôt rageur, "Mr Jones" est dominé par les cordes acoustiques. Jojo attaque "Franklin" en manifestant une certaine frénésie punk. Son discours implacable est planté au sein d’un décor Delta blues puissant et électrique. Jojo chante "Chocolate Cake" sur le rythme d'un mambo, un mambo entretenu par les percussions exotiques de Stephen. La rythmique de Giles est lancinante. Giles en profite pour s'évader sur son harmonica, calquant son phrasé sur celui de Sonny Boy Williamson II. "Back where we are going" évolue sur un tempo alerte. La démarche rappelle inévitablement le géant Howlin' Wolf. Jojo éructe ses vocaux. Il est talonné par les courtes notes dispensées par King. L'homme souffle dans son instrument en puissance, mais parcimonieusement. Il se libère du canevas imposé par ses partenaires, avant de céder le relais aux cordes acoustiques de Joel. Une seule reprise : le "Tom Rushen blues" de Charley Patton. Nous débarquons dans le Delta. Ce country blues devenu très électrique baigne au sein d’une atmosphère pourrie. La slide occupe le devant de scène. Tous les acteurs remplissent bien leur rôle. Percutant et très soudé, l’ensemble se resserre autour de la voix de Mr Burgess, devenue soudainement féroce. "The crying song" change de style. Une ballade dont la douceur est contrebalancée par l'intensité et la passion du chant de Jojo. Lors de la lecture de ses sentiments, sa voix libère beaucoup d'émotion et de profondeur, pendant que Giles joue sereinement, en soutien. "Ghost" s'appuie sur une rythmique implacable et saccadée. L'harmonica se joint aux percussions ravagées de Stephen. Jojo récite son chant déterminé sur ce rythme du chemin de fer. Toute la misère du Mississippi hante "Clarksdale mill". "Chain me" nous précipite dans une certaine torpeur. Un blues mélancolique, quasi hypnotique, au cours duquel la complainte de l'harmonica reflète un climat oppressif. Dans l’esprit, nous ne sommes pas loin de la démarche si personnelle de Charlie Musselwhite. "Chain me" emporte tout sur son passage. Jojo inocule force et fureur dans son chant. Il communique tout son mal de vivre. Une dose de frénésie qui n’appartient qu’aux vocalistes punk. La slide et l'harmonica participent à ce combat de chefs. A croire que tels des mauvais garçons, les Hokie Joint préparent un mauvais coup. Ils se retirent heureusement sur une touche plus participative. En l’occurrence lors de leur "Lost in the city". Le chant de Burgess est souverain. Fisk s'illustre sur le dobro. Puis King, à l’harmo. Il souffle toute sa colère. Jojo et Joel chantent à tue-tête, le sentiment du bon travail accompli. Manifestement, ce premier elpee de Hokie Joint risque de faire de ravages. Et pour cause le combo, comme il le revendique, cherche à restituer le blues aux masses…

Informations supplémentaires

  • Band Name: Hokie Joint
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Cool Buzz / Sonic RendezVous
  • Date: 2008-12-16
  • Rating: 4
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