Billy Gibson est né à Clinton, dans le Mississippi. Peu à peu, ce chanteur/harmoniciste blanc a fait son chemin, lentement mais sûrement. Après ses études, il émigre à Clarksdale où il joue au sein des Midnighters. Il se fixe ensuite à Memphis, à Beale street. Son université du blues, comme il aime si bien le rappeler. Depuis, il s'est forgé une solide réputation, collaborant notamment aux enregistrements de Deborah Coleman, Michael Burks et des Junkyardmen. Son premier album "Billy Gibson" est paru en 1996, sur North Magnolia. Il bosse ensuite pour la boîte de distribution, Indise Sounds. Il commet successivement "The nearness of you" en 2001 et "In a Memphis tone" en 2004. Pour ce nouvel opus, il a reçu le concours de son BG Band. Un backing band constitué de trois musiciens noirs : David Bowen à la guitare, James Jackson à la basse, et Cedric Keel à la batterie.
Billy ouvre les hostilités par "Down home", une plage très Memphis. L’homme est bien chez lui dans la capitale du Tennessee. Sa section rythmique imprime un rythme bien funky. Mais ce qui marque instantanément les esprits, c'est la puissance de feu de Gibson. Ce souffleur possède trois poumons. En outre, sa voix est taillée sur mesure pour son répertoire. Son premier solo est un plaisir des oreilles. L'homme dispose de solides atouts. Son style est très personnel. Sa puissance constante, sa technique infaillible et la dissertation ample. Signé David Bowen, "Keep doin' what ya doin" évolue dans un style que n'auraient pas reniés les Nightcats de Little Charlie Baty! L'orgue de Charlie Wood est venu renforcer l'équipe. Ce qui n’empêche pas Billy de demeurer aussi consistant sur son instrument. Le funky "Home at last" baigne encore dans le Memphis Sound. Le travail opéré par la basse, la batterie et l'orgue est méthodique. Pas étonnant dès lors d’assister à l’intervention d’un autre invité : le saxophoniste Charles Campbell. Un concours opéré totalement dans l'esprit de cette musique rythmée. Le "What is love?" de Gibson constitue un grand moment de cet opus. Une plage bien enlevée qui nous donne envie de participer à la fête. Un fragment caractérisé par une redoutable envolée à l'harmonica. Impressionnant! Charlie Wood s'est assis derrière le piano pour entamer le plus classique, "Darlin' please come home", un blues indolent inspiré par Sonny Williamson II, au cours duquel Billy souffle paresseusement dans son instrument. Notre homme est capable de varier son répertoire. Issu de sa plume, "Stingin' stang" évolue dans un registre bien plus soul. Une compo colorée par la guitare de David, dont l’inventivité laisse transparaître des influences jazz. La reprise du "Love everybody" de Willie Foster replace Billy dans ce qu'il fait le mieux : le blues largement teinté de R&B. Les voix féminines de Lucy et de Lynn le soutiennent. Ce qui lui donne des ailes pour produire un nouveau solo à l'harmonica. Et il est splendide ! La machine est décidemment bien huilée. C'est le bonheur! "One more time" demeure dans le même style. Une autre composition de Bowen au son très Beale street. En front de scène, Billy chante parfaitement ce titre tapissé par l'orgue Hammond. Cet excellent opus s’achève par le "Tell it like it is" de Mose Vinson. Une compo qui baigne au sein d’un atmosphère plus intimiste, et que Billy chante, avec pour seul partenaire, Charlie Wood et son piano roulant. Une dernière occasion pour souffler sereinement dans son harmonica. Parallèlement à la sortie de cet album, Billy vient également de sortir un ‘live’ immortalisé au Rum Boogie Cafe (NDR : il est paru chez Beale Street). En outre, il élabore un guide d'instruction pour harmonica chromatique sur CD, un mode d’emploi qui devrait sortir pour l'été 2006. Et pour que votre information soit complète, sachez que non seulement Billy se produit en compagnie de son propre groupe ; mais également chez les Delta Cats, un duo qu’il a constitué avec son guitariste David Bowen.