Mike Guldin roule sa bosse sur les routes du blues depuis plus de vingt ans. Un chanteur guitariste qui sévit aujourd’hui dans la région de Philadelphie. Il a réuni autour de lui d'excellents musiciens. Sous la bannière de Rollin' & Tumblin' ou plus simplement des Tumblers, comme il semble l'affectionner. Un premier album, "Caught between the blues and a heartache", était déjà paru en 2003.
La guitare ouvre l’album sur "Snuggle man". Bien sentie, elle est activée par un musicien qui doit déjà avoir accumulé une bonne dose d'expérience au sein des clubs, outre-Atlantique. Bien présents, les cuivres donnent de l'épaisseur à la musique. Le piano est également à l'avant-plan. Un orgue le soutient. Ce qui confère une dimension de big band à l’ensemble. Enfin, la voix de Mike recèle aussi dans le timbre ce qu'il faut de vécu. Une ouverture judicieuse. "Memphis women and chicken" trempe bien sûr dans le Memphis R&B. Le vocal de Mike est sensiblement ravagé, particulièrement éraillé même. Des chœurs féminins lui donnent la réplique lors du refrain. Très soul, cette musique doit certainement produire de bonnes vibrations en ‘live’. Un solo de guitare clôture cette plage remarquablement ficelée. D’une solidité à toute épreuve, la section rythmique réunit CJ Clark à la basse, Billy Wear aux drums et Alan Howe à la guitare rythmique. Funky, l’excellent "25 miles" d'Edwin Starr franchit un pas de plus vers la soul, épinglant au passage une superbe combinaison entre l'orgue Hammond B3 de Karl Frick et le piano de Tim Hooper. Clairement une invitation à vous remuer les fesses. Surpuissante, la voix de Guldin domine cette tranche musicale dont le but est manifestement de libérer un maximum de groove! Ballade très cool, un peu surannée, "The coast of goin' broke" courtise un soupçon de jazz traditionnel à travers la trompette de Terry Townson. L'album alterne compositions originales et covers. Mike met d’ailleurs le célèbre "Lucille" ( NDR : signé Little Richard et Albert Collins) à la sauce R&B. Tout au long de cette plage, Tim - au piano - et Tommy Castro - invité de prestige à la guitare - se montrent brillants. Mike insiste dans ce style ‘blues southern’ en attaquant "Goin' back to Memphis". Les parties vocales affichent un profil particulièrement gospel ; et notamment le chant de Denise Dejame. Les musiciens de Delbert Mc Clinton sont également au rendez-vous : James Pennebaker à la slide, Townson à la trompette et Don Wise au saxophone. Le Rollin' and Tumblin' reprend "I wanna love you" de McClinton, une plage que chante, de sa voix remarquable et douce, le bassiste CJ Clark. Le titre maître ("Roadhouse rhythm") est tout à fait judicieux. Une plage qui bluese et qui rocke. Tous les musiciens sont à l'avant-plan pour produire ce smokin' style. Les voix de Mike et de Miss Denise se conjuguent en harmonie. Impressionnant ! Les cordes de Guldin et de Pennebaker vibrent de chaque côté de la sono. La version d’"Angel eyes", une ballade issue de la plume de John Hiatt, est une autre réussite. Elle démontre, en outre, la grande cohésion de l'ensemble. "You left the water running" replonge vigoureusement dans le R&B. Un véritable cocktail pétillant dont les bulles sont produites par le piano, la guitare et le sax ténor. Après une dernière parenthèse très rock'n'roll intitulée "The real thing", ce très bon album s’achève par une chanson intimiste : "Southern woman and a nawthern man". Shawn Appleby s’y réserve le Resonator Dobro. Mike a empoigné sa guitare et chante cet authentique Delta blues en duo avec la délicieuse EG Kight, dont la pureté du timbre est tellement proche de Bonnie Raitt…