Pour s'assurer un petit écho populaire, Alexis HK a opté pour une abréviation plus ou moins simple de son nom de famille. Avouez que Djoshkounian est plutôt difficile à prononcer et à écrire… Donc, sur ce coup là, mieux vaut HK ! Sur "l'Homme du Moment", Alexis Djoshkounian s'attribue les vies banales de Parisiens ordinaires. Pour l'artiste, ‘la ville des lumières’ demeure une source d'inspiration intarissable. A Paris, les promenades du chanteur du moment l'ont conduit à reconsidérer ces détails insignifiants qui se dissimulent aux détours des rues de la capitale hexagonale. La réalité citadine s'extirpe des grands boulevards et se lance sur les ondes radios par l'entremise de cette belle voix grave d'un Georges Brassens jouant le crooner aux abords de la gare Saint-Lazare. Alexis HK ou comment chanter tout haut ce que les gens pensent tout bas? Dans les vestiaires, au travail ("Tandis") ou au téléphone ("Norvège"), le chanteur se pose en spectateur et soumet par ses mots doux quelques observations pas piquées des vers. "L'Homme du Moment", deuxième album de notre jeune trentenaire, se joue des tristes clichés du ‘renouveau réaliste de la chanson française’ et sans refrain récurrent, s'offre une belle promenade loin des projecteurs et des paillettes des Champs Elysées. Et puis, Alexis HK n'est jamais aussi séduisant que lorsqu'il nous conte ses histoires sans queue ni tête mais tellement attendrissantes. ‘Pas facile d'être chien de vieille. Quand la vieille devient aigrie et qu'elle reporte ses insomnies sur le chien de sa chienne de vie’. Le charme de ces déclarations cyniques réside au cœur de notre vécu, de nos expériences quotidiennes. Et lorsque Alexis raconte la vie de cette pauvre bête, nous ne pouvons nous empêcher de songer à la voisine, voire à une tante éloignée. ‘Devenu le seul objet de désir, le chien n'est jamais lâché. Habillé d'un manteau de cuir très laid, le Yorkshire se voit humanisé’. Et là, ça vous rappelle quelqu'un ?